Evenements / Lagardère / Arnaud Lagardère / Airbus / EADS
Evenements
Lagardère / Arnaud Lagardère / Airbus / EADS
Il faut payer Arnaud Lagardère pour qu’il ne touche à rien !
L’incompétence est un vice qui se repère désormais de plus en plus vite dans les groupes cotés. Mais quand il s’agit de groupes familiaux dont le statut est celui d’une société en commandite, l’incompétence peut faire de ravages, sans que personne ne puisse les empêcher. Prenons le cas de Lagardère, groupe magnifique créé par Sylvain Floirat, reconfiguré par Jean-Luc Lagardère avec l’aide de personnalités hors du commun telles que Philippe Camus, Marwan Lahoud, Fabrice Brégier, Gérald de Roquemaurel ou Arnaud Nourry. Depuis la mort de Jean-Luc Lagardère et l’accession au trône de son fils Arnaud, le groupe qui porte son nom se vide de sa substance humaine, de ses talents et de toute la richesse qu’y avait semée Jean-Luc Lagardère.
Prenons le cas d’EADS, groupe européen né de la force de persuasion de Jean-Luc Lagardère auprès de Dominique Strauss-Kahn. Une fois arrivé à la tête de la société familiale Arnaud Lagardère n’a eu qu’une idée en tête : se débarrasser de sa participation dans EADS. Ce qui fût accompli le 9 avril 2013 moyennant un chèque de 2,283 milliards d’euros. Le fils unique de Jean-Luc et la petite cour qui l’entourait n’avaient rien compris du formidable potentiel de valeur que recélait l’avionneur. Hier le titre Airbus cotait à plus de 120 euros, soit son plus haut niveau historique. Et les 7,4 % du capital qu’Arnaud Lagardère a été si fier de brader vaudraient aujourd’hui 6,9 milliards d’euros, alors que la capitalisation boursière de Lagardère n’est que de 3 milliards d’euros. Une misère.
Mais le bilan des années "Arnaud Lagardère" est bien pire. Car si l’erreur est humaine, il est encore plus diabolique de persévérer dans cette voie-là. En fait grâce à l’héritier, le groupe Lagardère a cédé ses actions EADS en plusieurs tranches entre 2006 et 2013. En vendant ses actions le groupe a raté une plus-value totale qui représente 9,1 milliards d’euros (différence entre la valeur actuelle de la participation initiale de 15 % dans le capital d’Airbus et le montant des cessions de titres EADS entre 2006 et 2013). Non content d’avoir fait rater à ses actionnaires plus de 9 milliards de gains. Arnaud Lagardère a utilisé ce cash pour renforcer deux activités : sport et médias. Avec un tel succès que de 2003 à 2018, le groupe a été obligé d’acter un milliard d’euros de charges de restructurations cumulées et 2,6 milliards de dépréciations d’actifs cumulées.
Imaginons un instant qu’en 2003, après avoir acquitté les droits de succession, Arnaud Lagradère se soit évanoui aux Bahamas laissant les commandes du groupe à un Philippe Camus ou un Dominique d’Hinnin, le groupe Lagardère vaudrait aujourd’hui : 9,1 + 1 + 2,6 soit 12,7 milliards d’euros de plus. C’est-à-dire environ 15,7 milliards d’euros ou 120 euros par titre. Alors que la capitalisation boursière de ce jour est de 3,07 milliards et le cours de Bourse de 23,60 euros. Comme quoi le génie n’est malheureusement pas héréditaire et l’incompétence n’empêche pas un dirigeant de durer et de détruire chaque année un peu plus de valeur.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

