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Airbus / Tom Enders / Guillaume Faury
Bonne nouvelle pour Airbus : l’A380 s’arrête
Goldman Sachs avait le nez creux. Il y a deux jours la prestigieuse banque d’affaires américaine a subitement décidé d’incorporer Airbus dans sa liste de valeurs européennes favorites en fixant un objectif de cours à 142 euros (contre 100 alors en bourse). Depuis l’action a presque gagné 10 %. Notamment à la faveur de la publication, ce matin des résultats du groupe qui battent toutes les estimations.
Le chiffre d’affaires d’Airbus s’établit notamment à 64 milliards d’euros. Quant à son résultat opérationnel (l’Ebit pour les spécialistes) il atteint 5,8 milliards d’euros en amélioration de 83 % (excusez du peu !) Si bien que le résultat net consolidé franchit la barre des 3 milliards d’euros au lieu de 2,3 milliards l’an passé. Quant au bénéfice par action il progresse de près de 30 % à 3,94 euros. Autant dire que tous les voyants sont au vert dans le cockpit du groupe Airbus. De surcroît la trésorerie nette consolidée au 31 décembre 2018 est stable à 13,3 milliards d’euros. Tout cela autorise naturellement le conseil d’administration à proposer le versement d’un dividende 2018 de 1,65 euro par action en hausse de 10 % par rapport à l’an passé.
Sur le plan commercial Airbus a enregistré, en 2018, 747 commandes nettes d’avions commerciaux. Preuve de la vigueur du marché, le carnet de commandes a atteint un niveau record pour l’industrie, de 7.577 avions commerciaux à fin 2018, dont 480 A220. Les commandes nettes d’hélicoptères s’élèvent à 381 appareils. Les prises de commandes consolidées en 2018 ont totalisé 55,5 milliards d’euros, portant la valeur du carnet de commandes consolidé à 460 milliards d’euros au 31 décembre 2018. Ce qui représente environ 10 années d’activité pour l’avionneur européen.
L’actualité du jour c’est la décision, que l’on supputait, d’un arrêt du super-jumbo A380, après la décision d’Emirates - la dernière compagnie à y croire - de transformer sa dernière commande en une option pour autant de A350. Les raisons de cet échec sont multiples. D’abord le refus de nombreux aéroports de construire des passerelles d’accueil permettant le débarquement des deux ponts de l’appareil. Ensuite quelques problèmes techniques (fissures et incompatibilité de moteurs). Enfin Boeing a su contre-attaquer intelligemment avec son 747 et surtout avec le projet de 777 9 X qui va pouvoir transporter 400 voyageurs sur un seul pont et avec moins de consommation de kérosène.
Cela ne change rien aux perspectives d’Airbus, comme en témoigne son carnet de commandes. Le groupe table, pour cette année, sur des taux de croissance de l’économie mondiale et du trafic aérien international conformes aux prévisions indépendantes qui prévalent et sur l’absence de perturbation majeure. Airbus prévoit donc de livrer entre 880 et 890 avions commerciaux en 2019. Ce qui entraînerait une hausse de l’Ebit ajusté d’environ 15 % par rapport à 2018 et un flux de trésorerie disponible avant fusions et acquisitions et financements clients d’environ 4 milliards d’euros. Autant dire que le passage de témoin entre Tom Enders et Guillaume Faury se fait dans les meilleures conditions.
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