Evenements / Lagardère / Arnaud Lagardère / BNP Paribas / Crédit Agricole
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Lagardère / Arnaud Lagardère / BNP Paribas / Crédit Agricole
Le roi Lagardère est nu
C’est le Financial Times qui a levé le lièvre hier après avoir eu accès aux comptes de la société Lagardère Capital Management (LCM). Cette société à trois particularités. Primo elle est l’associé commandité de Lagardère et donc responsable sur ses biens propres de tout ce qui peut arriver au groupe. C’est donc le pilier juridique du montage qui permet à Arnaud Lagardère d’exercer son pouvoir avec 7 % du capital. Secundo, c’est elle qui rémunère les principaux cadres dirigeants de Lagardère et qui se fait défrayer par le groupe (avec une marge évidemment) pour ce service rendu qui n’a aucun intérêt. Tertio, c’est elle qui détient les actions Lagardère détenues par Arnaud avec pour contrepartie une importante dette bancaire.
Le Financial Times révèle donc que cette dette s’élevait à 204 millions d’euros à la fin de l’année dernière. Alors que les titres Lagardère qu’elle finance ne valent plus que 185 millions d’euros. On ignore à quel taux cette dette a été procurée à LCM, mais un intérêt de 4 % ne semble pas improbable. Ce qui signifie qu’elle coûte 8 millions d’euros par an à Lagardère Capital et Management. En contrepartie, les ressources de la société sont le dividende de Lagardère (12 millions d’euros), la rémunération pour le fait d’être associé commandité (2 millions d’euros) et une marge sur les refacturations des salaires des dirigeants. Cela signifie qu’avec ses recettes il faudra au moins trente ans à Arnaud Lagardère pour rembourser sa dette.
Évidemment tout cela montre que nous sommes arrivés à la fin d’une histoire. Arnaud Lagardère n’est plus solvable. Il n’est plus capable d’exercer ses fonctions d’associé commandité. Et il continue à hacher menu le groupe que son père avait construit afin d’essayer de trouver du cash pour se sauver lui-même sans penser un instant à l’intérêt social des actionnaires. Ce qui amène à poser deux questions fondamentales. Que font les membres du conseil de surveillance qui – comme leur nom l’indique – sont là pour surveiller et qui sont les seuls garants de l’intérêt social de l’entreprise ? Leur passivité est plus que coupable. Que font les créanciers de LCM, le Crédit Agricole et BNP Paribas selon nos informations, qui ne sont plus sûrs d’être un jour remboursés et qui ont un droit de nantissement sur 99,9 % des actions Lagardère ? Leur responsabilité est évidemment de mettre fin à cette mascarade en récupérant les titres Lagardère et en changeant le management d’un groupe qui a divisé sa valeur par cinq en l’espace de quinze ans.
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