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Lagardère Publishing / Lagardère / Vivendi / Editis
Le pôle édition de Lagardère se porte bien avant son rachat par Vivendi
Alors que son offre publique d’achat sur Lagardère est ouverte depuis le 14 avril, ce jusqu’au 20 mai, dans le but de créer un leader mondial de l’édition, les propres activités d’édition de Vivendi n’ont pas fait d’étincelles au premier trimestre. Sa filiale Editis est la seule de ses activités qui a vu ses ventes reculer sur les trois premiers mois de l’année. Le recul, de 1,7% à 160 millions d’euros, est à rapprocher d’un marché de l’édition en baisse de 1% par rapport à la même période de 2021, la réouverture des autres loisirs ayant pénalisé la demande de livres. Il est aussi "à relativiser", compte tenu de "la croissance inédite de l’an dernier", le marché de l’édition en 2022 ayant rebondi de 19,3% par rapport à 2019, a expliqué le groupe dirigé par Arnaud de Puyfontaine.
En comparaison, Lagardère Publishing, la branche édition de Lagardère, propriétaire d’Hachette (Grasset, Stock, Fayard, Calmann-Lévy, etc.) et leader du secteur, a conservé une dynamique positive. Ses ventes ont augmenté de 8,7%, à 554 millions d’euros, portées essentiellement par l’intégration de la maison d’édition américaine Workman Publishing. Elles progressent également à données comparables, de 1,4%.
L’édition n’est pas le marché le plus dynamique de Vivendi et il n’est pas dit qu’il le sera une fois réalisée l’acquisition de Lagardère. Mais l’ambition est de "bâtir un leader mondial", a rappelé lundi Arnaud de Puyfontaine, à l’occasion de l’assemblée générale de Vivendi.
Si Vivendi réussit son OPA sur Lagardère, il mettra aussi la main sur Lagardère Travel Retail. Cette activité de commerce de détail dans les gares et les aéroports qui avait lourdement pâti de la crise sanitaire, a vu ses ventes multipliées par deux au premier trimestre avec la fin des restrictions sanitaires et la reprise progressive du trafic aérien, notamment en Europe. Elles ont représenté 694 millions d’euros, soit un peu plus de la moitié de l’ensemble du chiffre d’affaires de Lagardère au premier trimestre. Entre la "résilience" de Lagardère Publishing" et la "reprise confirmée" de Lagardère Travel Retail, les deux actifs de Lagardère ont connu une "bonne dynamique" au premier trimestre, note le courtier Oddo BHF.
Pour sa part, Arnaud de Puyfontaine a rappelé aux actionnaires de Vivendi qu’ "en rapprochant des activités complémentaires en termes de portefeuille de produits et d’implantation géographique", le projet d’acquisition de Lagardère permettrait de "poursuivre des ambitions industrielles fortes par des investissements significatifs en France et à l’international dans le ‘travail retail’, l’édition et les médias".
Déjà propriétaire de plus de 45% du capital de Lagardère, le groupe doit encore obtenir l’autorisation de la Commission européenne pour l’acquisition de Lagardère Publishing. Mais le risque d’un refus est faible dans la mesure où Vivendi pourrait toujours céder si besoin une partie d’Editis, deuxième éditeur français, dont l’intérêt stratégique est moindre comparé à Lagardère Publishing, leader dans l'Hexagone et numéro deux mondial de l’édition. L’autorisation de Bruxelles étant espérée pour le second semestre 2022, "il est probable que le groupe soit consolidé chez Vivendi et que les premières synergies apparaissent fin 2022", estime Oddo BHF.
L’acquisition de Lagardère ne devrait en tout cas pas gêner le projet Vivendi de racheter une large part de ses propres actions, ni empêcher une intégration plus poussée de Vivendi dans Bolloré. Les actionnaires de Vivendi ont approuvé lundi une résolution l’autorisant à racheter jusqu’à la moitié de son capital.
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