Feuilleton de l'été / Jean Spiri / Ecole normale supérieure / Sciences-Po / Michel Barnier / Xavier Bertrand / csa / Michel Boyon / Editis / Onepoint / CRIPS
Feuilleton de l'été
Jean Spiri / Ecole normale supérieure / Sciences-Po / Michel Barnier / Xavier Bertrand / csa / Michel Boyon / Editis / Onepoint / CRIPS
Ils et elles feront le monde d'après - Jean Spiri
Intéressé par la littérature, l’histoire et les sciences sociales et humaines, Jean Spiri se souvient ne jamais avoir défini un plan de carrière bien précis : “Je n’avais absolument pas prévu ce parcours, ce n’est pas dans mon habitude de faire des plans, plutôt d’y aller au coup de cœur…” avoue-t-il.
Après avoir quitté le lycée, le jeune homme est admis élève de l’École normale supérieure d’Ulm en 2002 où il décide en 2003 - en parallèle de Normale Sup’ - d’intégrer Sciences Po et son master Administrations publiques. Il est diplômé de Sciences Po et titulaire d’un DEA de géographie spécialité frontières en 2005.
Tout juste diplômé, vient enfin le moment de l’entrée sur le marché de l’emploi. Il commence alors sa carrière au sein du cabinet de Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères et européennes, puis devient conseiller de Xavier Bertrand, ministre de la Santé et des Solidarités jusqu’en 2007. Il reconnaît avoir connu une vie très exigeante en rentrant en cabinet ministériel, avec “un rythme assez particulier similaire à celui qu’on peut retrouver en classe prépa”. Heureusement pour lui, ses années de formations très denses lui ont permis de “bien se préparer à sa vie professionnelle et son rythme soutenu” avoue-t-il
À la suite, il évolue en tant que conseiller du Président du CSA, Michel Boyon, après que ce dernier l’a convaincu de le rejoindre : “Je suis arrivé au CSA un peu par hasard, au gré d’une rencontre passionnante avec le président de l’époque, alors que je n’avais pas la télé…” a-t-il précisé. Des postes à responsabilités qui lui ont été confiés très jeune, Jean Spiri explique qu’il a su saisir les opportunités et, surtout, qu’on a su lui accorder une grande confiance en dépit de son jeune âge. C’est encore ce qu’il ressent aujourd’hui chez Editis.
L’aventure de conseiller aura duré 7 ans car, alors qu’il occupait jusque-là uniquement des postes dans la fonction publique, Jean Spiri souhaite maintenant découvrir le secteur privé qui l’intrigue fortement. C’est pourquoi, en 2011, il décide d'intégrer la société Lysios Public Affairs au poste de directeur associé puis en 2015 il rejoint en tant que Strategic Development Manager le groupe Onepoint spécialisé dans la transformation numérique des entreprises et organisations. Mais quelles étaient ses motivations pour intégrer le groupe ? “Le secteur numérique, qui de nos jours prend de plus en plus d’ampleur, m'intriguait. Rejoindre Onepoint fut une expérience très enrichissante avec des projets et un esprit entrepreneurial qui m’ont beaucoup plu."
Un conseil à donner ? Jean Spiri souhaite rappeler aux jeunes étudiants qu’il faut avant tout “prendre son temps” afin de s’interroger sur nos réelles envies pour notre futur professionnel. Jean Spiri illustre ses propos en expliquant que, s'il avait un regret, “c’est peut-être d’avoir été trop pressé de rentrer dans la vie active et donc de ne pas avoir eu d’expérience à l’étranger durant mes études". Ce temps-là ne se rattrape pas plus tard !
Ce n’est que depuis début 2020, peu avant la pandémie de Covid 19, que l’homme de 39 ans fait à nouveau place au changement et devient secrétaire général d’Editis, deuxième groupe d’édition français et filiale de Vivendi. Il y est responsable du Pôle littérature générale et, bien que cela ne fasse que moins de 2 ans qu’il a rejoint cette nouvelle équipe, il constate qu’il a ressenti “une réelle énergie au sein du groupe Editis pour surpasser la crise sanitaire, avec une vraie conviction sur l’importance de la lecture dans cette période”. “J’ai trouvé une vraie cohésion de groupe. Il a fallu faire preuve d’innovation, d’agilité et d’une grande énergie mais, ensemble, nous avons surmonté cette période avec d’autant plus de créativité et d’autonomie.” ajoute-t-il.
En parallèle, Jean Spiri s’engage dans une vie associative très dense. Il mène notamment une carrière d’élu local, élu de 2008 à 2020 à Courbevoie. Il est battu aux élections législatives de la troisième circonscription des Hauts-de-Seine en 2017. Également conseiller régional d’Île de France depuis 2015 et Président de l’association CRIPS île de France depuis 2016, le militant associatif confie que ses actions, qui lui apportent d’autres engagements, créent un équilibre dans sa vie et qu'il arrive assez bien à concilier sa vie professionnelle et ses activités associatives. Très proche de Xavier Bertrand, l’activiste est également cofondateur de son mouvement “La Manufacture” dont il est Secrétaire général. Et la liste de ses activités extraprofessionnelle est encore longue… Jean Spiri a même écrit et coécrit plusieurs ouvrages dont : "Citoyen des villes, citoyen des champs" (Fayard 2012) avec Elise Vouvet et Alexandre Brugère, et "Demain tous Estoniens" (éditions 2018) avec Violaine Champetier de Ribes. Une étoile montante à la polyvalence remarquable qui lui permet de s’épanouir pleinement, il explique qu’il a effectivement cette “impression de faire beaucoup d’activités différentes dans sa vie” et que cela “complète un métier professionnellement très passionnant qui s'étend lui aussi dans pleins de domaines différents, de la DRH à la direction du pôle littérature”. “Mon travail et mes activités réunissent beaucoup de choses qui font partie de moi.” conclut-il.
Entre engagements associatifs et vie professionnelle très chargée, Jean Spiri avoue qu’il n’est pas toujours simple de garder une stabilité dans sa vie personnelle mais “avec une bonne organisation et surtout, une famille et des proches compréhensifs, j’ai réussi à trouver un bon équilibre dans ma vie. Seulement, il est vrai que j’ai eu des postes très prenants et qu’il m’arrive de regretter de ne pas avoir eu assez de temps pour eux." confie-t-il. Mais cela n’a pas toujours été le cas, en effet, plus jeune il se souvient d’une forte pression qui reposait sur ses épaules, il lui arrivait alors de faire subir son stress à ses proches mais, avec l’expérience, cela s'atténue et “on apprend à prendre du recul sur des situations qu’on a déjà vécues" a-t-il expliqué.
Où se voit-il dans 10 ans ? Pas facile de répondre, d’autant plus que Jean Spiri n’a pas l’habitude de prévoir son futur. En tout cas, au regard de son parcours non planifié : "sûrement à un poste que je n’aurais pas imaginé ! ", répond-il avec humour. Ce qui est néanmoins sûr et certain, c’est que "je serai toujours engagé au niveau associatif, peut-être que j’aurai créé ma propre association…", a-t-il expliqué, lui qui n’a pas manqué de souligner ses engagements associatifs tout au long de l'entretien. Le président du Crips et conseiller régional d’IDF poursuit : “je n’ai pas particulièrement envie de changer de secteur, celui dans lequel j’évolue actuellement est tellement vaste, il faudra un long moment avant d’en avoir fait le tour, j’ai encore plein de choses à découvrir. C’est pourquoi dans 10 ans, je peux me projeter dans pleins d’endroits différents, au sein d’Editis comme au sein du groupe Vivendi, notre maison mère !".
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