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Onepoint persiste et signe dans le dossier Atos / Une entrée au capital opportuniste et potentiellement salutaire

Éconduite par la porte, la société de conseil Onepoint dirigée par David Layani revient par la fenêtre dans le dossier Atos. Sa prise de participation de 9,9 % pourrait se traduire par un soutien salutaire au projet de réorganisation en cours du groupe informatique.
La société de conseil Onepoint a pris 9,9% du capital d'Atos - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
La société de conseil Onepoint a pris 9,9% du capital d'Atos - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

Atos a-t-il trouvé son chevalier blanc ? Peut-être pas, mais assez probablement un allié. En annonçant mercredi 1er novembre sa prise de participation à hauteur de 9,9 % du capital et des droits de vote du groupe informatique, Onepoint a créé la surprise, même si, comme le fait remarquer le cabinet Oddo BHF, le retour dans la course de la société de conseil experte en transformation numérique était "une option redevenue plus crédible à la suite du récent changement à la présidence". Le communiqué de presse publié par Atos presque concomitamment à celui de Onepoint, qui "salue" l’arrivée de la société de conseil avec laquelle il envisage d’entamer "un dialogue constructif", semble d’ailleurs témoigner d’une bonne intelligence entre les deux parties.

Onepoint est loin d’être une inconnue dans le dossier. La société de conseil avait été éconduite il y a un peu plus d’un an par le conseil d’administration d’Atos, qui avait jugé que son offre sur le périmètre de ce que l’on appelait alors "Evidian", regroupant les activités en croissance dans la cybersécurité, les supercalculateurs, l’informatique quantique ou encore l’intelligence artificielle, n’était pas dans l’intérêt du groupe.

 

Giron français

 

Depuis, la situation a changé. Outre le récent départ de l’ancien président d’Atos, Bertrand Meunier, le caractère très stratégique de ces activités appelées à constituer le futur Atos devant être renommé "Eviden" - si la scission d’avec les activités historique d’infogérance baptisées Tech Foundation est menée à terme - agite le monde politique et parlementaire depuis plusieurs mois. Au point que, sans parler des conditions financières qui seraient de toute façon à revoir compte tenu de la chute du cours de Bourse d’Atos, la participation de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, repreneur désigné de Tech Foundation, au projet d’augmentation de capital d’Eviden, est devenue hautement hypothétique.

Or, Onepoint pourrait tout à coup offrir une possible solution pour maintenir totalement Eviden dans le giron français et débloquer une situation financière qui commençait à sembler inextricable. Étant donné qu’elle est uniquement intéressée par Eviden, il serait logique de penser que la société de conseil pourrait voter en faveur de la vente de Tech Foundation au groupe EPEI de Daniel Krestinky lors de l’assemblée générale extraordinaire qui doit être prochainement réunie sur le sujet. Ce qui nous est confirmé en interne. Onepoint considère en effet que le projet cession est indispensable dans l’environnement actuel qui nécessite de choisir ses batailles et d'adosser les activités historiques à un industriel disposant des ressources et du temps pour opérer leur retournement. Et estime tout aussi nécessaire de se concentrer en parallèle sur les activités en forte croissance et stratégiques portées par Eviden.

Concernant ces dernières, il est possible aussi d’émettre l’hypothèse que Onepoint pourrait se substituer à ce même groupe EPEI pour l’augmentation de capital de 180 millions d'euros qui lui était réservée. Sans aller jusque là, Onepoint a d'ailleurs fait savoir jeudi par la voix de son directeur général, David Layani, qu'il souhaitait une révision de l'accord conclu entre Atos et l'homme d'affaires tchèque Daniel Kretinsky afin qu'il n'entre pas au capital des activités stratégiques du groupe informatique.

En revanche, imaginer Onepoint, groupe de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, faire une offre sur l’ensemble d’Atos ne semble pas d'actualité. Outre le fait que ses moyens ne le lui permettent pas, les conditions de financement se sont dégradées depuis son offre faite en septembre de l’année dernière, sur la base d’une valeur d’entreprise de 4,2 milliards d’euros, qui s’appuyait sur une levée de fonds propres d’environ 2 milliards d’euros.

 

Peser sur le futur Atos

 

Plus vraisemblablement, cette fois-ci, en profitant d’une capitalisation boursière au plus bas et "en s’invitant à la table des négociations, David Layani compte peser sur le futur d’Atos sans réellement en prendre les rênes", estime de son côté le cabinet de recherche Octo Finances. Et ce alors que ses presque 10 % du capital pourraient lui permettre de faire entrer des administrateurs au conseil d’administration d’Atos.  

Désormais premier actionnaire d'Atos, Onepoint souhaite se positionner comme un investisseur industriel et stratégique. Et sa prise de participation opportuniste a déjà un mérite. Elle permet au cours de Bourse de poursuivre son rebond amorcé récemment. L’action Atos gagne 8,2 % à 6,8 euros jeudi après-midi, continuant à s’éloigner de son point bas sous les 4 euros touché le mois dernier. Une embellie que le débouclage d’une partie des importantes positions vendeuses sur le titre pourrait amplifier, ce qui rendrait moins ardue la mise en œuvre de la recapitalisation de 900 millions d’euros prévue par l’entreprise sous la forme d’une augmentation de capital.

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