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Atos / Evidian / Onepoint / Techfoundation

Onepoint vient perturber les plans d'Atos

Refusée par Atos, l’offre de la société de conseil Onepoint pour les activités digitales et de cybersécurité de l’entité Evidian, apparaît peu généreuse. Elle n’en augmente pas moins la pression déjà forte sur le nouveau management de l’entreprise de services numériques.
Atos rejette une offre à 4,2 milliards d'euros pour son entité Evidian - Eric TSCHAEN/REA
Atos rejette une offre à 4,2 milliards d'euros pour son entité Evidian - Eric TSCHAEN/REA

Mieux vaut faire envie que pitié. La proposition émanant du cabinet Onepoint, associé au fonds d’investissement anglo-saxon ICG, d’acquérir les activités Digital, Big Data et Sécurité d’Atos logées dans la branche Evidian, a le mérite de rappeler à ses actionnaires qu’une partie de l’entreprise de services numériques en difficulté recèle toujours de la valeur. Ce dont ils pourraient finir par douter alors que l’action Atos, tombée tout près de 7 euros cette semaine, touche régulièrement de nouveaux planchers.

Son rebond, observé jeudi en toute fin de séance au moment où fuitait la rumeur de l’offre de Onepoint, tourne court cependant. En l’occurrence, dans sa proposition faite à Atos - qui l’a immédiatement refusée - Onepoint projette l’achat des activités d’Evidian sur la base d’une valeur d’entreprise de 4,2 milliards d’euros, ce qui ne veut évidemment pas dire que la société compte mettre cette somme sur la table, la valeur d’entreprise étant – pour simplifier - la somme de la capitalisation boursière et de la dette financière nette.

 

Multiples très faibles

 

Or, "au cours actuel de 8,3 euros, la valeur d’entreprise d’Atos est de 4,9 milliards d’euros, de sorte que cette transaction ferait ressortir une valeur d’entreprise de TechFoundation de seulement 700 millions d’euros pour un chiffre d’affaires estimé à environ 5 milliards d’euros en 2022", remarque Invest Securities. Mais aussi, à 4,2 milliards d’euros de valeur d’entreprise pour Evidian, la transaction fait ressortir des multiples "très faibles au regarde de la dynamique de croissance et de rentabilité" de cette entité, ajoute le courtier.

Dans le cadre du plan de scission présenté en juin dernier, tandis qu’Evidian réunit les activités en croissance dans la cybersécurité, les supercalculateurs, l’informatique quantique ou encore l’intelligence artificielle, auxquelles ont été également associées les activités digitales, Techfoundation regroupe les activités historiques d’infogérance en décroissance et en perte. Selon les objectifs affichés en juin, Evidan devrait croître de 7% par an en moyenne sur la période 2022 à 2026 et la marge tendre vers 12%, alors que Techfoundation ne stabilisera pas son activité et ne renouera pas avec la rentabilité avant 2025.

De facto, l’offre de Onepoint n’apparaît donc pas très généreuse. "Le conseil d’administration s’est réuni et a constaté que celle-ci c’est pas dans l’intérêt de la société et de ses parties prenantes", a justifié Atos. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une offre "mais seulement d’une lettre d’intention", souligne à WanSquare une source proche du dossier. Y donner suite à ce stade présenterait le risque de couper dans leur élans les équipes actuellement focalisées à la fois sur le redressement de l’activité et l’exécution du plan de scission, pointe cette même source.

 

Onepoint pense pouvoir faire gagner un an

 

Pour autant, au vu du faible crédit accordé pour l’instant par les investisseurs au dit plan, Atos pourrait devoir argumenter davantage. D’autant que Onepoint ne semble pas vouloir en rester là, alors que son projet apporte de l’eau au moulin des actionnaires contestataires qui se sont manifestés à plusieurs reprises ces derniers mois. Dans la proposition détaillée qu’elle a publiée, la société a invité le conseil d’administration d’Atos à reconsidérer sa décision, en acceptant d’engager "les discussions autour de son projet", qui permettrait selon lui au groupe de "gagner un an sur son projet de transformation, et de générer, plus rapidement que dans le calendrier envisagé, les ressources financières suffisantes pour porter la transformation de ses activités historiques".

De quoi assurément augmenter la pression sur le nouveau triumvirat récemment nommé à la tête d’Atos, composé de Nourdine Bihmane, Philippe Oliva et Diane Galbe, chargés de mener à bien un plan à moyen terme, mais à qui les investisseurs laissent peu de temps pour faire leurs preuves. Vu le contexte, jamais une publication de chiffre d’affaires trimestriel ne sera sans doute aussi suivie que celle du 26 octobre prochain dans l’histoire de l’entreprise.

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