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Atos / Evidian / Airbus / Cybersécurité / souveraineté / France / Bercy / Scission

Atos au pied du mur discute avec Airbus / Le groupe de services numériques contraint de jouer avec le feu pour se procurer du cash

De premières discussions seraient en cours quant à la prise de participation minoritaire d’Airbus dans Evidian, l'entité cyber du groupe présidé par Bertrand Meunier. L'opération, si elle devait aboutir, pourrait bien toutefois se révéler contraire aux intérêts de souveraineté de la France.
Atos (©Laurent GRANDGUILLOT/REA)
Atos (©Laurent GRANDGUILLOT/REA)

Le besoin de cash d’Atos ferait-il prendre des risques à la France ? Selon plusieurs sources, Airbus aurait engagé des discussions préliminaires avec le groupe présidé par Bertrand Meunier en vue de prendre une part minoritaire au capital d’Evidian, la branche numérique et cyber d’Atos, appelée à être cotée en Bourse, et qui suscite depuis un moment les convoitises.

Fin septembre déjà, le groupe de services numériques avait rejeté une offre de Onepoint, présidé par David Layani et associé au fonds d'investissement anglo-saxon ICG, portant sur une acquisition potentielle d'Evidian pour une valeur d'entreprise d'Atos de 4,2 milliards d'euros, jugée trop faible par le board.

Si la rumeur concernant Airbus a, cette fois-ci, été partiellement confirmée par le groupe de services numériques qui a répondu que des négociations étaient bien en cours, sans pour autant divulguer l’identité des parties prenantes concernées, l’annonce a permis au titre Atos de s’envoler ce lundi midi de 14,35 % à 10,30 euros. Une bonne nouvelle en ce début d’année alors qu'il a cédé 75,90 % de sa valeur en bourse en 2022.

En revanche, Bercy (déjà très attentif) pourrait bien, de son côté, voir cette opération d’un mauvais œil, les activités cyber d’Atos étant considérées comme très sensibles. Certes avec Airbus (dont le capital est partagé est entre les états français, allemand et espagnol), Evidian ne changerait pas de nationalité de contrôle - pas de quoi donc activer le décret Montebourg de 2014 sur le contrôle des investissements étrangers sur les actifs stratégiques français -. Mais l’implication d’Atos dans des programmes de modernisation de l’armée française, son supercalculateur qui équipe le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour ses applications militaires, ou encore son partenariat de cybersécurité avec l’OTAN… pourraient potentiellement, à l’heure où souffle un vrai coup de froid sur les relations franco-allemandes, passer en territoire outre-Rhin, où se situe Airbus Defence and Space, la branche du constructeur aéronautique à laquelle Evidian pourrait être rattachée.

Un problème de localisation que le groupe Thales, par exemple, ne connaît pas puisqu’il est contrôlé par l’État français (34,75 %) et Dassault Aviation (29,79 %). Il s'est en outre toujours dit "intéressé par tout actif de cybersécurité qui serait disponible à la vente " sans officiellement divulguer ses intentions sur Evidian.

Pour l'heure, la question de la trésorerie reste encore centrale pour Atos. Rappelons que l’année 2022 fut difficile pour le groupe de services numériques. Après la publication de trois avertissements sur ses résultats de 2021, le groupe prévoyait, encore fin octobre, pour son exercice 2022, un flux de trésorerie dans le bas de la fourchette de -150 millions d’euros à 200 millions d’euros, hors impacts supplémentaires de son plan de transformation, estimés à environ -250 millions d’euros.

Celui-ci, présenté en juin dernier, n’avait d’ailleurs pas su convaincre les investisseurs. Il prévoyait la scission du groupe en deux sociétés distinctes. La première entreprise, "Tech Foundations", doit regrouper les activités historiques d’infogérance et la gestion des systèmes informatiques des entreprises, en perte de vitesse, tandis que la seconde, qui prendrait le nom d’Evidian, doit rassembler les activités les plus prospères du groupe, dans la cybersécurité, les supercalculateurs, l’informatique quantique ou encore l’intelligence artificielle ainsi que celles de Big Data et Sécurité (BDS). Un projet de séparation qui devrait être finalisé au second semestre de cette année et qui permettrait à Airbus - si les discussions en cours aboutissent - de détenir 29,9 % d’Evidian.

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