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Entreprises / Actions / Atos / Tech Foundation / Evidian / Nourdine Bihmane / diane galbe / Philippe Oliva

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Atos / Tech Foundation / Evidian / Nourdine Bihmane / diane galbe / Philippe Oliva

Atos avance dans sa transformation / Mais l'entreprise continue à brûler du cash

L’activité d’Atos montre un léger mieux que le groupe souhaite faire perdurer au dernier trimestre 2022. Le projet de transformation visant à scinder le groupe en deux parties avance parallèlement. La consommation de cash des activités historiques pourrait toutefois nécessiter de prendre des décisions plus vite que prévu.
Le chiffre d'affaires d'Atos a progressé de 5,7% à 2,82 milliards d'euros au 3e trimestre - KERMALO/REA
Le chiffre d'affaires d'Atos a progressé de 5,7% à 2,82 milliards d'euros au 3e trimestre - KERMALO/REA

Du bon, du moins bon et des inquiétudes qui demeurent. La publication mercredi du chiffre d’affaires du troisième trimestre d’Atos était très attendue afin de permettre aux investisseurs de juger de l’avancée d’un plan de transformation en deux entités distinctes auquel ils croient peu depuis sa présentation en juin dernier. Les ventes du géant informatique français se sont établies à 2,82 milliards d’euros, en hausse de 5,7%. Le fait qu’elles soient supérieures de 3% au consensus des analystes, qui se situait à 2,74 milliards d’euros, peut constituer un motif de satisfaction.

La dynamique à périmètre et taux de change constants "est meilleure que prévu", note ainsi le courtier Stifel, la variation organique s’étant stabilisée (-0,1%) au troisième trimestre, après des reculs de 2,4% et 1,9% aux premier et deuxième trimestres. En particulier, la spirale de baisse d’activité de l’activité historique d’infrastructure et d’infogérance, rassemblées dans le nouveau pôle Tech Foundation, s’est interrompue. Son chiffre d’affaires a progressé de 0,3% à change constant, même si cela sera difficile à réitérer au vu d’un rapport entre les nouvelles commandes signées et les facturations (ratio book-to-bill) de seulement 58% dans cette branche. Le groupe met toutefois en avant "l’augmentation significative de la prise de commandes auprès des nouveaux clients et les bénéfices d’une sélectivité accrue".

 

Faible ratio de commandes

 

Toutes activités confondues, ce même ratio book-to-bill, envoie des signaux mitigés. Son niveau est "faible, à 71% (contre 101% au deuxième trimestre) en raison de la faiblesse des nouvelles commandes en calcul haute performance HPC et de la diminution du nombre de grands contrats de maintenance applicative" chez Evidian, pointe un analyste.

Alors qu’Atos veut croire à une amélioration significative de ce ratio au quatrième trimestre, l’exercice 2022 est de toute façon déjà largement accompli, et le suspense est mince sur les objectifs de ventes et de rentabilité, confirmés mercredi. La croissance du chiffre d’affaires est attendue dans la moitié haute de la fourchette donnée de -0,5% à +1,5% et la marge opérationnelle est visée dans le bas de la fourchette de 3% à 5%.

La question de la consommation de trésorerie est plus délicate. Elle est même centrale. Le groupe prévoit un flux de trésorerie dans le bas de la fourchette de -150 millions d’euros à 200 millions d’euros, hors impacts supplémentaires du plan de transformation envisagé. Lesdits impacts sont estimés à environ -250 millions d’euros, incluant le coût du financement. Soit un flux de trésorerie potentiellement négatif de 400 millions d’euros à la fin de l’année, qui pose question, tandis que le plan de transformation se poursuit bien dans le délai de 12 à 18 mois prévu au départ.

 

La séparation en bonne voie

 

"Le projet de séparation est en bonne voie pour être finalisé au second semestre, comme initialement prévu. Nous avons lancé le processus de consultation des comités d’entreprise et avons réalisé des progrès significatifs dans les travaux préparatoires à la séparation", ont indiqué mercredi Nourdine Bihmane, Diane Galbe et Philippe Oliva, les dirigeants d’Atos.

Mais la structure du financement de 2,7 milliards d’euros signé en juillet par le groupe pour financer la période de transition précédant la séparation envisagée entre Tech Foundation et Evidian, ne constitue pas une sécurité absolue. Il comprend certes un prêt à terme bancaire pour 1,5 milliard d’euros qui laisse du temps à l’entreprise pour se retourner. Le reste est constitué d’une facilité de renouvelable de 900 millions d’euros, à laquelle s’ajoute un prêt relai de 300 millions d’euros seulement destiné à faire la jonction en attendant la réalisation de cessions d’actifs. Or, seulement deux transactions de petite taille ont été signées pour l’instant. Ce qui pourrait conduire à une extrémité jusqu'ici écartée par la direction : la vente pure et simple de l’activité historique Tech Foundations.

Un process de "test de marché" a été mené par les banquiers conseils d'Atos auxquels le groupe a explicitement demandé de regarder s'il existait une possibilité de céder cette activité qui continue à "brûler" beaucoup de cash, a révélé lundi La Lettre de l’Expansion. A la suite de quoi le groupe a indiqué de son côté avoir été "approché par plusieurs acteurs intéressés par une potentielle acquisition". Une chose est sûre, le groupe est engagé dans une course de vitesse, ce que les vendeurs à découvert ont bien compris, alors que les positions vendeuses sur l’action Atos représentent près de 12% de son capital selon le site Shortsell.

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