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Atos / Tech Foundations / Nourdine Bihmane / Evidian

Atos a retrouvé de l’allant / L’infogérance redressée et rentabilisée veut croire en son avenir

Les résultats 2022 d’Atos ont confirmé les progrès entrevus au troisième trimestre. Le groupe a relancé commercialement ses activités historiques d’infogérance, qui ont aussi retrouvé la rentabilité avec trois ans d’avance sur ses plans. De quoi aborder plus sereinement la scission à venir de l’entreprise, toujours programmée au second semestre 2023.
Nourdine Bihmane, directeur général d’Atos en charge de Tech Foundations - Atos
Nourdine Bihmane, directeur général d’Atos en charge de Tech Foundations - Atos

"Nous avons retrouvé une dynamique commerciale". Nourdine Bihmane, le directeur général d’Atos en charge de Tech Foundations, l’entité devant conserver les activités traditionnelles d’infogérance dans le cadre du projet de scission du groupe, peut être satisfait. Il y a bien sûr toujours une certaine cyclicité dans l’activité en cours d’année, mais en l’occurrence, "le quatrième trimestre a été très bon, avec un book to bill supérieur à 110 %", souligne-t-il à WanSquare, à l’occasion de la publication des résultats 2022 de l’entreprise.

Ce ratio rapportant les nouvelles commandes signées par l’entreprise aux facturations enregistrées s’est hissé à un niveau particulièrement élevé, proche de 130 % dans la branche Evidian, qui regroupe toutes les activités à forte croissance : conseil en numérisation, cybersécurité, serveurs haute performance et supercalculateur. Dans les activités historiques de Tech Foundations, le book to bill est remonté à 94 % le trimestre dernier, très nettement au-dessus des 61 % du premier trimestre, des 66 % du deuxième et des 58 % du troisième.

Une reprise de la dynamique commerciale opérée "en suivant la stratégie que nous avions annoncée, qui a consisté à réaffecter des équipes dédiées aux ‘larges deals’, c’est-à-dire les gros contrats pluriannuels qui s’étendent à toutes les prestations d’infogérance", explique Nourdine Bihmane.

 

Un demi-milliard de pipeline commercial avec Amazon

 

C’est ainsi qu’Atos a pu remporter en décembre avec l’UEFA, l’Union européenne des associations de football, un contrat de huit ans pour une solution complète et sécurisée de bout en bout. Le groupe a aussi renouvelé avec le groupe pharmaceutique Johnson & Jonhson l’un de ses contrats historiques. Et, s’agissant du partenariat stratégique noué fin novembre avec Amazon Web Services, "nous avons commencé à en récolter les premiers fruits. Depuis la signature nous avons pratiquement créé un demi-milliard de pipeline commercial, d’opportunités conjointes avec AWS", indique Nourdine Bihmane. Des opportunités qui viennent renforcer le book to bill et se transformeront plus tard en chiffre d’affaires.

En attendant, le chiffre d’affaires d’Atos s’est établi l’an dernier à 11,34 milliards d’euros, en hausse de 1,3 % à taux de changes constants et de 0,1 % en données organiques par rapport à 2021. Une performance légèrement supérieure aux 11,28 milliards d’euros anticipés par les analystes interrogés par FactSet. Le retour à la croissance du troisième trimestre s’est encore amplifié au quatrième trimestre, avec une croissance organique de 4,6 %.

En termes de rentabilité aussi, les progrès sont flagrants. La perte nette reste élevée à 1 milliard d’euros, mais a été divisée par trois, et la marge opérationnelle de 3,1 % atteinte sur l’année vient de très loin. Elle n’était que de 1,1 % au premier semestre. Atos a porté sa marge opérationnelle à 5,1 % au second semestre. "Nous avons pu l’augmenter pratiquement de 400 points de base", souligne Nourdine Bihmane.

 

Recrutements plus sélectifs

 

Pour y parvenir, le groupe a agi essentiellement, comme il l’avait annoncé, sur la réduction des coûts de structure. En particulier, "nous avons été sélectifs dans les embauches et mis en place des recrutements très spécifiques sur les métiers à plus forte croissance", explique le dirigeant.

Cette plus grande discipline dans la gestion des coûts mise en œuvre en priorité chez Tech Foundations, s’est aussi traduite par une plus grande sélectivité des contrats. Avec un objectif : "réduire drastiquement les contrats sous-performants, non rentables ou à la rentabilité en-dessous de nos standards", en les renégociant, ou tout simplement en y mettant fin. Une approche efficace : la marge opérationnelle de Tech Foundations est redevenue positive en 2022 avec trois ans d’avance sur le calendrier.

Le groupe avait prévenu de la mise en œuvre de cette décroissance organisée concernant notamment les activités de BPO (business process outsourcing ou externalisation de processus métier) et de revente de matériel et de logiciels peu contributives à la marge et sur lesquelles il était nécessaire de réduire la voilure. " En excluant ces dernières, l’activité infrastructures était positive de 1 % au quatrième trimestre. C’est un bon signal", souligne Nourdine Bihmane. "Cela signifie que l’activité fondamentale d’Atos de premier infogérant d’Europe est viable et dispose encore d’un avenir si tant est qu’elle est gérée avec attention".

 

L’endettement dans les clous

 

Le constat est rassurant, dans la mesure où Tech Foundations devrait bientôt voler de ses propres ailes, indépendamment des activités à forte croissance logées dans Evidian. Le processus de scission va bon train. Le groupe vise toujours une scission et une cotation d’Evidian au second semestre, "plutôt au début qu’à la fin", précise le dirigeant.

Le renforcement de la situation financière de l’entreprise réalisé ces derniers mois au travers de cessions d’actifs devrait lui permettre d’arriver jusque là sans encombre. D’autant qu’Atos est également en avance sur ses temps de passage en termes de flux de trésorerie. Le cash-flow est ressorti négatif à -187 millions d’euros fin 2022, soit bien mieux que ce à quoi le groupe avait préparé le marché avec une prévision de cash-flow négatif de -150 millions d’euros hors coûts de restructuration de 250 millions d’euros, soit -400 millions d’euros attendus en réalité. Ce qui a aussi contribué à ramener le ratio de levier de l’entreprise à 2,4 à fin 2022, "nettement en-dessous du ratio de 3,75 négocié avec les banques en juillet dernier", souligne Nourdine Bihmane.

L’année 2023 est envisagée avec un parti pris de rentabilité. Atos prévoit une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre -1 % et +1 %, avec une accélération de la croissance organique d’Evidian et une diminution contrôlée du chiffre d’affaires de Tech Foundations résultant de la rationalisation de son portefeuille. La marge opérationnelle est visée entre 4 % et 5 %. Celle d’Evidian devrait dépasser ses 5,2 % de 2022 tandis que Tech Foundations devrait rester rentable.

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