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Atos / Jean-Pierre Mustier / Bertrand Meunier / Tech Foundations

Jean-Pierre Mustier récupère les commandes d’Atos / Le banquier va devoir résoudre la difficile équation financière de la scission

Bertrand Meunier, le président contesté d’Atos a démissionné, remplacé par Jean-Pierre Mustier, l’ancien directeur général d’Unicredit, à qui incombe désormais la mission de mener à bien le plan de scission du groupe. Mais tandis que la vente des activités historiques regroupées au sein de l’entité Tech Foundations est reportée de plusieurs mois, l’équation financière du projet se complique au fur et à mesure de la chute du cours de Bourse.
Jean-Pierre Mustier est le nouveau président du conseil d'administration d'Atos
Jean-Pierre Mustier est le nouveau président du conseil d'administration d'Atos

Démissionnaire, Bertrand Meunier n’est plus président ni administrateur d’Atos. Le banquier Jean-Pierre Mustier, entré au conseil en tant qu’administrateur indépendant en mai dernier, a pris sa place. L’envolée du cours de Bourse du groupe informatique français dans les tout premiers échanges à la Bourse de Paris (jusqu’à plus de 20 %) témoignait lundi du soulagement provoqué par cette annonce, réaction logique tant celui qui présidait depuis quasiment quatre ans le conseil d’administration de l’entreprise cristallisait les mécontentements sur sa gestion.

L’euphorie fut brève cependant, l’action Atos étant très vite repassée dans le rouge, en moins d’une heure, poursuivant ce que l’on peut qualifier de descente aux enfers. Elle chutait de 4 % à 4,7 euros en début d’après-midi, à de nouveaux plus bas depuis… 1992.

Ce changement de capitaine était sans aucun doute salutaire pour tenter de désamorcer les critiques récurrentes contre la gouvernance de l’entreprise et la vision hégémonique de son président omnipotent. De toute façon, le groupe n’était plus à un remaniement près à la suite de la récente nomination d’un troisième directeur général en deux ans, Yves Bernaert, en remplacement de Nourdine Bihmane.

 

La seule voie

 

Mais cela ne change rien aux défis que va devoir relever Atos groupe au cours de ces prochains mois. Jean-Pierre Mustier est là pour appliquer une stratégie inchangée. La cession des activités historiques d’infogérance, regroupées au sein de l’entité Tech Foundations, au groupe EPEI de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, reste "la voie la plus réalisable" (comprendre la seule disponible) pour séparer Tech Foundations des activités digitales, cloud, big data et cybersécurité du futur Atos appelé à être rebaptisé Eviden, a pris soin lundi de rappeler Atos. Cela reste aussi la meilleure option "pour améliorer le profil de risque du groupe" selon lui.

Pour autant, sa mise en œuvre semble constituer une gageure de plus en plus ardue. "Compte tenu du calendrier prévu pour l’obtention des autorisations réglementaires", la vente proposée de la branche Tech Foundations aurait finalement lieu au deuxième trimestre 2024, a indiqué lundi Atos, et non plus d’ici la fin de l’année comme envisagé jusqu’à présent.

Les obstacles ne sont pas que réglementaires. L’opération est contestée par plusieurs actionnaires minoritaires et par un certain nombre de responsables politiques français pour des raisons de souveraineté industrielle. Car le projet prévoit, en parallèle du rachat de Tech Foundations, l’entrée Daniel Kretinsky à 7,5 % du capital d’Eviden, la crainte étant notamment de voir les supercalculateurs utilisés pour le calcul des essais nucléaires virtuels passer sous contrôle étranger. La nomination, également annoncée lundi, de Laurent Collet-Billon en tant que vice-président non exécutif, est peut-être un gage donné sur ce plan. Administrateur indépendant d’Atos depuis mai 2023, Laurent Collet-Billon est l’ancien directeur général de la Direction Générale de l’Armement (DGA).

 

Pression vendeuse

 

Mais l’opposition la plus problématique est sans doute celle du marché. La multiplication des positions vendeuses (qui atteignent désormais près de 17 % du capital selon le site spécialisé shortsell.nl) prises par des hedges funds, voire de grandes banques françaises ou internationales, en faisant chuter le cours, risque à tout le moins de compliquer la réalisation de l’augmentation de capital de 900 millions d’euros prévue pour renforcer la structure capitalistique d’Eviden. En particulier les 180 millions d’euros réservés à Daniel Kretinsky et son associé français, le groupe Fimalac de Marc de Lacharrière, à un cours de 20 euros (soit désormais plus de quatre fois le cours actuel). Or, plus ils misent sur l’échec de l’opération, plus les vendeurs à découvert augmentent leur probabilité d’avoir raison, et leur pouvoir auto-réalisateur.

Atos est bien conscient que les négociations exclusives menées avec Daniel Kretinsky, "pourraient aboutir à la modification de certains paramètres financiers de l’opération envisagée". Et le groupe assure pouvoir satisfaire ses besoins de liquidité pour 2024 même si l’opération ne se réalisait pas. En revanche, refinancer la facilité de prêt bancaire à terme de 1,5 milliard d’euros arrivant à échéance en janvier 2025 ne pourrait se faire qu’en ayant accès aux marchés de capitaux et de dette, ou en réalisant des cessions d’actifs additionnelles. Autant dire que le groupe serait dos au mur.

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