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Atos / Assemblée générale / Bertrand Meunier / Sycomore AM
La gouvernance d'Atos reste en place / La scission effective entre Tech Foundations et Eviden est imminente
C’était la grande interrogation de l’assemblée générale du groupe Atos qui se tenait ce mercredi 28 juin quai Voltaire à Bezons, au siège social de la société. Léo Apotheker, ancien patron de SAP et de HP, allait-il présider aux destinées de l’entreprise et remplacer Bertrand Meunier, le président en place depuis 2019 ? Les actionnaires ont répondu par la négative. La réunion qui se tenait dans un climat de haute tension, dont la préparation avait été émaillée de passes d’armes entre le conseil d’administration du groupe et un concert d’actionnaires emmené par Sycomore AM, a donc globalement accouché d’une souris, donnant la victoire à la gouvernance en place.
La résolution numérotée "A" soutenue par Sycomore AM demandant la révocation du président du conseil d'administration, Bertrand Meunier, a été rejetée à 67,38% par les actionnaires. De même, ceux-ci ont voté contre les résolutions soutenues par le fonds portant sur la révocation d’Aminata Niane et de Vernon Sankey, à 67,46% et 65,35% respectivement. Tandis que la résolution sur la nomination au conseil de Léo Apotheker, ancien patron de SAP et de HP, et candidat de Sycomore AM pour remplacer Bertrand Meunier, a été rejetée à 65,34%.
Arrivées confirmées de Jean-Pierre Mustier et Laurent Collet-Billon
Dans le même temps, les candidats soutenus par le conseil d’administration ont vu leur nomination ratifiée. C’est le cas de Caroline Ruellan, dont le renouvellement du mandat a été approuvé à 80,92%. Celle-ci s’est présentée aux actionnaires comme une experte en gouvernance d’entreprise, "sujet sur lequel elle travaille depuis plus de 30 ans", que ce soit en qualité de professeur de droit à l'université, à l'Ecole des mines de Paris, et également en entreprise au sein du groupe américain AIG. "Il n’y a pas de crise de gouvernance chez Atos", a-t-elle d’ailleurs tenu à déclarer, invitée à s’exprimer par Bertrand Meunier.
De même, les nominations des deux nouveaux venus au conseil, le banquier Jean-Pierre Mustier, l’ancien patron de la banque de financement et d'investissement de la Société Générale, et celle de Laurent Collet-Billon, ancien délégué général pour l'armement, ont été approuvées, avec des scores respectifs de 81,06% et 80,72% . "Si vous acceptez ma candidature, je suis certain de pouvoir continuer à relancer des partenariats forts entre Atos et le monde régalien et en particulier la défense", avait auparavant expliqué ce dernier lors de sa présentation, ses arguments ayant visiblement atteint leur cible.
Cyril Charlot, associé fondateur de Sycomore AM, et le concert d’actionnaires qu’il représente avec plus de 3% du capital, n’ont donc pas réussi à convaincre les actionnaires de changer de président. Pour autant, ses arguments ont su emporter l'adhésion de plus d'un tiers des votants. Des arguments qu’il a pu développer à nouveau lors d’une longue intervention, soulignant une nouvelle fois "les problèmes de fond" sur la composition du conseil d’administration, "à savoir la présence de trois administrateurs qui ont validé tous les choix stratégiques d'Atos depuis plus de treize ans et un manque cruel d'expertise métier". Il a aussi rappelé le bilan négatif de Bertrand Meunier depuis fin 2019, date de début de son mandat en qualité de président, avec "quatre milliards d'euros de perte en deux ans", une marge opérationnelle passée de 10,3 % en 2019 à 3,1 % en 2022, contre 13 % pour le concurrent Capgemini, et un endettement qui s'est envolé, le levier financier s'élevant à 2,4 contre 0,4 en 2020.
Ainsi, "même si nos résolutions n’ont pas été adoptées, les scores qu’elles ont obtenus de près d’un tiers des suffrages, alors que moins de 40% des voix se sont exprimées, sont le reflet d’un signal fort envoyé par les actionnaires de long terme d’Atos à son conseil d’administration", a d'ailleurs réagi Sycomore AM dans un communiqué après l'assemblée générale.
La scission est quasi achevée
En face, les dirigeants d’Atos se sont efforcés de souligner la trajectoire ascendante de redressement de l’entreprise. "Le groupe a renoué avec la croissance avec une amélioration continue des performances financières et opérationnelles, et ce depuis le troisième trimestre 2022", a rappelé Nourdine Bihmane, le directeur général, plus précisément en charge de l’entité Tech Foundations regroupant les activités historiques d’infogérance. Pour celle-ci, "nous sommes engagés dans un plan de transformation ambitieux", présenté le 7 juin, "visant à rétablir la croissance et surtout à atteindre une rentabilité en ligne avec le secteur d'ici 2026", a-t-il rappelé également.
Philippe Oliva, le responsable de l’entité Eviden, qui englobe les activités de transformation digitale, les activités de cybersécurité et le Big Data, a lui rappelé la priorité de "s'extraire des activités de commodités" en s’appuyant sur des facteurs de différenciation afin de "permettre d'assurer une création de valeur beaucoup plus conséquente". Alors que ces activités ont connu une accélération depuis le quatrième trimestre de l’année dernière, le dirigeant a exprimé sa pleine confiance dans la capacité à poursuivre sur cette trajectoire.
Et la scission effective entre les deux entités devrait être achevée "dans les tous prochains jours", a indiqué de son côté Diane Galbe, la directrice générale adjointe en charge des fonctions support et des projets stratégique. Celle-ci rappelant qu’une assemblée générale dédiée à la finalisation de la séparation et des organes de gouvernance était prévue au second semestre. Par ailleurs, "nous avons réalisé et sécurisé plus de 80 % de notre programme de cessions à date de 700 millions d'euros", a-t-elle ajouté.
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