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Atos / Tech Foundations / Eviden / Nourdine Bihmane

La branche Tech Foundations d’Atos voit l’avenir en rose / Le plancher d’activité se réhausse quand le cœur de métier s’élargit

Le redressement de Tech Foundations, la branche d’activité d’Atos leader dans les services d’infogérance, avance vite. Suffisamment pour lui permettre de relever nettement ses objectifs financiers à moyen terme, tant en termes d’activité que de profitabilité grâce à la redéfinition de son portefeuille d’offres élargi. Sans tenir compte à ce stade des effets de l’IA générative ou « GenAI » que le groupe souhaite rapidement intégrer à ses plans. Les projecteurs devraient prochainement se braquer sur Eviden, la deuxième entité, celle regroupant les activités en croissance, que le groupe a prévu d’introduire en Bourse au second semestre.
Nourdine Bihmane, directeur général du groupe Atos et co-CEO en charge de Tech Foundations - DR
Nourdine Bihmane, directeur général du groupe Atos et co-CEO en charge de Tech Foundations - DR

Les activités historiques d’Atos regroupées dans le pôle Tech Foundations ne sont pas vouées à la décroissance éternelle. Le chiffre d’affaires de ces activités de conception et de gestion de systèmes d’information (infogérance) et de leurs infrastructures "devrait atteindre un plancher en 2024, à environ 5 milliards d’euros", a annoncé mercredi Tech Foundations à l’occasion d’une journée analystes dédiée à l’entité. Un chiffre certes bien inférieur aux 6 milliards d’euros de 2022, mais aussi nettement au-dessus du point bas d’environ 4,1 milliards d’euros qui avait été fixé pour 2024 lors du précédent plan présenté il y a tout juste un an.

Cette échéance relativement rapprochée répond à la question qui était de savoir quand la stabilisation de la reconstruction progressive du pipeline conduite par Nourdine Bihmane, directeur général du groupe Atos et co-CEO en charge de Tech Foundations, allait parvenir à équilibrer la nécessaire réduction, maîtrisée, des activités non cœur de métier. Ces dernières concernant les activités de BPO (externalisation des processus), de revente de matériel et de logiciels, ainsi que les solutions de communication unifiée (UCC), en cours de cessions à Mitel Networks.

Un processus qui est donc en bonne voie, ce que l’on savait déjà plus ou moins depuis la publication à la fois des résultats 2022 et de ceux du premier trimestre 2023, qui ont montré une stabilisation plus rapide que prévu du cœur de métier, parallèlement à la réduction de l’exposition aux activités considérées comme non stratégiques. "Je dirais aujourd’hui que la dynamique commerciale s’est stabilisée. Vous avez vu que, trimestre après trimestre, nous nous sommes améliorés par rapport aux années précédentes et que nous continuons à nous améliorer, y compris au deuxième trimestre de cette année", a déclaré mercredi le dirigeant face aux analystes.

 

Directeur de la croissance

 

Le meilleur indicateur de cette amélioration est la remontée progressive du ratio book-to-bill des prises de commandes sur le chiffre d’affaires, qui a atteint 68 % au premier trimestre de cette année, contre 59 % à la même période un an plus tôt. Pour le deuxième trimestre en cours, l’objectif est de le hisser entre 80 % et 90 % a indiqué mercredi le groupe. Une trajectoire placée sous la responsabilité directe de Clay Van Doren, auparavant responsable de l’Europe centrale et de l’Europe du Nord chez Atos, nommé directeur de la croissance (chief growth officer), et sous la direction duquel "nous avons décidé d’accélérer notre transformation et de rationaliser nos processus", a déclaré Nourdine Bihmane.

Si les processus sont rationalisés, en améliorant par exemple la "rétention proactive" des clients ou les ventes croisées de services auprès des grands comptes, ainsi qu’en nouant davantage de nouveaux partenariats, les activités cœurs de métiers s’élargissent. L’infogérance est certes un métier historique, mais il est soumis à des tendances lourdes telles que les nouvelles organisations des espaces de travail numériques post-covid, la transition rapide vers le multi-cloud et les configurations hybrides, ainsi que l’importance accrue du cloud souverain et de l’intelligence artificielle (IA).

Conséquence: Tech Foundations a redéfini son portefeuille d’activités de cœur de métier autour de ces tendances. Et l’entité se positionne désormais sur un marché élargi adressable de 705 milliards d’euros à l’échelle mondiale, soit une augmentation de 40 % par rapport à celui auquel le groupe se référait il y a un an. Un marché qui devrait connaître une croissance annuelle entre 3 % et 5 % sur la période 2022-2026, selon les estimations de l’entreprise.

 

"GenAI"

 

Ce marché et ces estimations n’intègrent pas encore l’impact de l’IA générative ou "GenAI", un sujet clé sur lequel cet "analyst day" constituait justement l’occasion pour le groupe de rassurer le marché. "Elle est déjà là", a déclaré Nourdine Bihmane, avec des effets présentés largement positifs sur les fonctions internes de l’entreprise. La "GenAI sera un outil fantastique pour notre marketing", a notamment souligné le dirigeant. Sur le plan externe, le groupe n’en est qu’au début de l’analyse des défis et des opportunités offerts par la GenAI sur le portefeuille. Ces enjeux, "les équipes sont en train de les comprendre et de les intégrer à notre plan", a indiqué Nourdine Bihmane aux analystes. Le dirigeant soulignant d’ores et déjà que la GenAi "générera encore plus de demande pour les infrastructures et les services de stockage", des activités au cœur de Tech Foundations.

Les investisseurs réagissaient peu mercredi à ce discours globalement très optimiste, l’action Atos cédant un peu plus de 1 % à 14,3 euros à la Bourse de Paris. Le relèvement des perspectives était, il est vrai, largement anticipé par les analystes au vu du redressement de Tech Foundations déjà montré au cours des derniers trimestres. Le signal envoyé aux potentiels acheteurs (essentiellement Daniel Kretinsky) de l’entité ressort néanmoins positif.

Mais Atos devra probablement se montrer davantage convaincant encore pour la prochaine journée analystes qui sera consacrée ultérieurement à Eviden, l’entité regroupant les activités en croissance dans le digital, le big data et la cybersécurité en vue de sa scission toujours programmée au second semestre. L’assemblée générale d’Atos du 28 juin promet avant cela d’être animée, sous la pression en particulier du fonds Sycomore qui réclame la révocation de plusieurs administrateurs, dont le président, Bertrand Meunier.

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