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Atos / Eviden / Tech Foundations

Atos brûle encore trop de cash / Et la dette risque de fragiliser le plan de scission

Atos a consommé près d’un milliard d'euros de cash au premier semestre, alimentant les inquiétudes sur sa capacité à financer jusqu’à son terme son plan de transformation. Le relèvement des objectifs de croissance organique, largement lié au redressement confirmé de Tech Foundations, passe ainsi au second plan.
Un logo de l'entreprise atos dans une succursale à Essen, en Allemagne - Photo by Leon Kuegeler / Photothek / dpa Picture-Alliance via AFP
Un logo de l'entreprise atos dans une succursale à Essen, en Allemagne - Photo by Leon Kuegeler / Photothek / dpa Picture-Alliance via AFP

Chaque publication de résultats d’Atos comporte le même enjeu, en particulier depuis le plan stratégique dévoilé il y a un peu plus d’un an prévoyant la scission du groupe en deux sociétés distinctes. D’abord s’assurer de la poursuite du redressement de Tech Foundations, l’entité regroupant désormais les activités historiques d’infogérance.

Vérifier aussi que l’entité Eviden, qui englobe les activités de transformation digitale, les activités de cybersécurité et le Big Data, se développe au rythme voulu. Et surtout veiller à ce que la génération de cash et les cessions d’actifs permettent bien de financer les investisseurs nécessaires pour mener à bien ladite stratégie. Une feuille de route régulièrement contestée, soutenue par un conseil d’administration qui ne l’est pas moins, même si ce dernier a récemment remporté une importante victoire face à ses détracteurs lors de la dernières assemblée générale du groupe.

Comme le laisse deviner la chute de plus de 20% du cours de Bourse d’Atos ce vendredi, les derniers résultats semestriels du groupe ne remplissent pas tous les objectifs. Côté positif, Tech Foundations se porte certes de mieux en mieux, avec une forte dynamique commerciale se traduisant par un ratio de prise de commandes sur chiffre d’affaires de 106% au deuxième trimestre, dépassant les 100% pour la première fois depuis sa création au deuxième trimestre 2022, et comparé à 67% l'année dernière. Le chiffre d’affaires cœur de métier de Tech Foundations est resté globalement stable avec une marge remontée à 2,5% du chiffre d'affaires, alors qu’elle était négative de 1% un an plus tôt.

Une performance bien meilleure qu’attendu, alors que dans le même temps, Eviden a légèrement déçu, avec une croissance organique de 7% et une marge de 5,3% au premier semestre, au lieu d’une croissance organique de 8,5% et d’une marge de 5,7% attendues par le consensus des analystes.

 

Dette problématique

 

A l’échelle de l’ensemble du groupe, fort d’un chiffre d’affaires de 5,55 milliards d’euros, en hausse organique de 2,3% au premier semestre, Atos prévoit désormais que la variation organique de son chiffre d'affaires sera comprise entre 0% et 2% sur l’ensemble de l’année, contre une fourchette de -1% à +1% anticipée précédemment. Et, alors que la marge opérationnelle s’est établie à 212 millions d’euros au premier semestre, soit 3,8% du chiffre d’affaires, l’entreprise a confirmé viser un taux compris entre 4% et 5% en 2023.

La très mauvaise nouvelle concerne le free cash-flow. En incluant l'impact des actions de transformation du groupe et des coûts associés (274 millions d'euros), ainsi qu'un impact exceptionnel de normalisation du fonds de roulement dans le cadre de cette même transformation (environ 250 millions d'euros), le flux de trésorerie disponible a été largement négatif de 969 millions d'euros au premier semestre 2023. Par comparaison, les analystes prévoyaient en moyenne un free cash-flow négatif de 680 millions d’euros au premier semestre. Conséquence, la dette nette a augmenté à 2,32 milliards d’euros à fin juin 2023, comparé à 1,79 milliards d’euros à fin juin 2022.

Et la prévision pour l’année entière d’un flux de trésorerie disponible négatif comparable à celui du premier semestre de 969 millions d’euros ne rassure pas davantage, alors que le consensus se situait à 503 millions d’euros. La différence de trajectoire n’est pas anodine au regard d'une capitalisation boursière qui n'est plus que d'1,3 milliard d'euros.  Et parce que "le niveau de la dette nette sera plus élevé qu'attendu à la fin de l'année, ce qui pourrait augmenter le risque d'exécution du plan de scission du groupe en deux entités distinctes", prévient Morgan Stanley.

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