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Pour Vivendi, quatre entités valent mieux que trois / Et Havas n’est pas la moins attrayante
Ce ne seront finalement pas trois mais quatre entités qui devraient émerger de la scission de Vivendi. Un éclatement ou une "liquéfaction" (selon le terme du cabinet Oddo BHF) un peu plus larges que prévus des actifs du groupe de médias et de communication par rapport au projet initial dévoilé mi-décembre dernier.
Dans cette nouvelle mouture du projet élaborée par le directoire de Vivendi présidé par Arnaud de Puyfontaine et approuvée par le conseil de surveillance piloté par Yannick Bolloré, il est toujours question de redonner une autonomie au groupe Canal + et au publicitaire Havas, ainsi que de créer une société d’investissement. Et si celle-ci reste vouée à détenir des participations financières cotées et non cotées dans les secteurs de la culture, des médias et du divertissement, il n’est plus envisagé en revanche qu’elle inclut la participation majoritaire dans le groupe Lagardère, comme le prévoyait Vivendi dans sa première approche. L’option finalement retenue serait de loger cette participation, ainsi que celle de 100 % dans le groupe de presse Prisma Media, dans une quatrième entité devant regrouper les actifs dans l’édition et la distribution.
Supprimer la décote
Un ajustement qui ne change pas l’esprit du projet, qui vise, rappelons-le, avant tout à supprimer la forte décote de conglomérat dont est affublée l’action Vivendi sur le marché. De nombreuses étapes restent certes à franchir pour passer du projet à la réalité. Entre la consultation des instances représentatives du personnel des entités concernées, l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires, et les approbations requises des porteurs d’obligation et autres prêteurs et, le moment venu, des actionnaires de Vivendi, le processus pourrait selon certains analystes prendre jusqu’à un an.
Mais cette mise à jour a le mérite de confirmer que l’étude du projet de scission avance rapidement, sachant qu’un nouveau point est attendu lors de la publication des résultats annuels le 7 mars prochain. Elle est d’ailleurs bien accueillie par les investisseurs, l’action Vivendi gagnant mercredi 1,3 % à 10,42 euros. Et le titre progresse désormais de plus de 16 % depuis la première annonce d’un projet perçu de manière très positive. Et qui comporte objectivement plus d’avantages que le scénario longtemps privilégié par les analystes d’une OPA sur Vivendi lancée par le groupe Bolloré, sa maison mère.
Au-delà du bénéfice de réduction de la décote dont profiteront les actionnaires de Vivendi, cette scission évite en effet à Bolloré de payer une prime de contrôle, sans l’empêcher d’obtenir ultérieurement le contrôle total de ses filiales Canal + et Havas à un moment qu’il jugera opportun.
Relancer le M & A
En attendant, cette autonomisation de Canal + et Havas va changer la donne. Comme le groupe l’explique lui-même, sa décote de conglomérat très élevée, en diminuant significativement sa valorisation, limite ses capacités à réaliser des opérations de croissance externe pour ses filiales. Or, "Canal +, comme notamment Havas ou Lagardère, connaissent aujourd’hui un fort dynamisme, dans un contexte international marqué par de nombreuses opportunités d’investissement", a rappelé mercredi Vivendi.
Relancer le M & A autour des actifs détenus par Vivendi permettrait au choix, "de les liquider pour récupérer du cash ou de les faire grossir", notent ainsi les analystes d’Oddo BHF, et ce alors que jusqu’à présent "leur intégration dans Vivendi limitait, fortement les opportunités, les partenaires ou acheteurs potentiels percevant ces actifs comme étant contrôlés", ajoutent-il.
Et si pour Canal +, l’objectif pourrait être de s’associer à un partenaire capitalistique qui pourrait apporter des fonds ou des actifs, afin de croitre en taille, Havas pourrait lui "fusionner avec un pair et créer un ensemble plus important et de premier plan", poursuit le cabinet d’études. Une chose est sûre en tout cas, une fois redevenue autonome, la 6ème agence publicitaire au monde derrière WPP, Publicis, Omnicom, Interpublic et Dentsu, "constituerait une cible attrayante", note pour sa part JP Morgan.
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