WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Vivendi Berlusconi Mediaset

Evenements / netflix / Vivendi / Mediaset / Berlusconi / Canal+

Evenements
netflix / Vivendi / Mediaset / Berlusconi / Canal+

Vivendi - Berlusconi : la suite

Vivendi vient de gagner une bataille dans le conflit qui l'oppose à la famille de l'ancien ministre italien Silvio Berlusconi pour créer le Netflix européen au travers de Mediaset. Mais pas la guerre.
Silvio Berlusconi
Silvio Berlusconi

Au mois de mai dernier, Canal+, après des années de disette, de réductions de coûts, d'érosion des abonnements et quelques échecs notables en Italie, a réenclenché la marche en avant par l'acquisition du distributeur de chaînes M7 pour un milliard d'euros. Basé au Luxembourg, M7 agrège et distribue des chaînes locales et internationales comme Disney Channel, HBO Eurosport ou encore National Geographic, dans sept pays européens.

Cette acquisition, qui suivait de près la perte en février de la première place de Canal+ en tant que fournisseur de télévision payante en France, marquait alors la volonté pour la filiale de Vivendi de reprendre l'offensive face à Netflix, qui semaine après semaine, siphonne ses abonnés. D'autant plus que Mediaset, le second bras de Vivendi pour saisir l'opportunité de créer le Netflix européen, est à moitié cassé.

Au départ, Vincent Bolloré avait su se positionner à la fois sur Canal+ et sur Mediaset, dont il a contrôlé jusqu'à 28,8 % du capital et près de 30 % des droits de vote. Mais les agissements arbitraires et suspicieux du principal actionnaire de Mediaset, la holding de la famille Berlusconi du nom de Fininvest pour sortir Vivendi du capital, pèse sur la stratégie du Groupe. En trois ans, Fininvest a porté plainte pour manipulation de cours contre Vivendi, saisit l'Autorité italienne administrative de régulation du secteur des communications (Agcom), prétexté une détention illégale d'actions par Vivendi, et déposé encore le 23 août dernier une plainte auprès du régulateur boursier. Jusqu'à mettre en suspend la garantie des droits de Vivendi lors de l'AG exceptionnelle qui aura lieu mercredi et lors de laquelle le projet de fusion entre Mediaset et Media for Europe NV sera proposé aux actionnaires. Une nouvelle société paneuropéenne puissante de médias.

La famille Berlusconi avait tout intérêt à évincer Vivendi de la réunion des porteurs de part puisque le Groupe compte voter contre le projet, qui, tel qu'il est proposé, prive les actionnaires minoritaires de leurs droits. Le projet de fusion entre Fininvest et Mediaset donnerait à la famille de l'ancien ministre italien jusqu'à 86 % des droits de vote totaux pour seulement 38 % de participation. D'ailleurs, la société de conseil aux actionnaires ISS elle-même a fortement conseillé les autres actionnaires de Mediaset de se joindre au vote de Vivendi. Et c'est sans surprise que le Tribunal de Milan a reconnu à Vivendi son droit à prendre part et à voter, à hauteur de... 9,99 % des droits de vote. Car pour mémoire, le Groupe de Vincent Bolloré avait accepté de transférer la fraction de ses titres supérieurs à 10 % à une société fiduciaire indépendante Simon Fiduciara après un rappel à l'ordre injustifié de l'Agcom s'appuyant sur la loi Gaspari de 2004, qui interdit à un même groupe de détenir à la fois plus de 40 % de part de marché dans les télécoms et plus de 10 % de part de marché dans les médias. Vivendi ne détient pourtant que 23,9 % de Telecom Italia.

D'ici deux jours le résultat de l'AG exceptionnelle nous donnera un nouvel élément crucial dans la bataille que se livrent Vivendi et la famille Berlusconi pour la création du Netflix européen par la société Mediaset. Dans tous les cas, il reste à Vivendi Canal+ pour de prochaines offensives. D'ailleurs, Canal+ serait en train de finaliser des discussions portant sur un partenariat avec Netflix.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article