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Mediaset / Berlusconi / Vivendi / netflix

Mediaset fait (enfin) des concessions

Après s'être mise seule au pied du mur, la famille Berlusconi, principal actionnaire de Mediaset, accepte de faire des concessions envers l'autre porteur de part Vivendi, ou plutôt, elle paye le prix de tous ses agissements arbitraires et suspicieux. 
Vivendi - siège
Vivendi - siège

Bref rappel historique. L'Italien Mediaset n'a jamais pardonné à Vivendi d'avoir retiré légalement en 2016 son offre qui consistait à échanger 3,5% de son capital, en plus de récupérer entièrement Mediaset Premium, après une étude approfondie du business plan vacillant du Groupe. Depuis ce jour, la holding de la famille Berlusconi et principal actionnaire du Groupe de médias, Fininvest, fait des pieds et des mains pour évincer entièrement Vivendi de Mediaset par des agissements douteux. La famille Berlusconi a porté plainte pour manipulation de cours, prétexté une détention illégale d'actions et déposé une plainte auprès du régulateur boursier italien. 

Pire encore, à la rentrée, Fininvest s'est servi d'une mauvaise interprétation du droit de la concurrence européen, condamnée par la Commission européenne elle-même, pour minimiser le pouvoir de décision de l'entreprise de Vincent Bolloré dans l'avenir de Mediaset. Ainsi, plus tôt dans l'année la famille Berlusconi était parvenue à faire transférer à Vivendi la fraction de ses titres supérieurs à 10% de ses droits de vote à une société indépendante, du nom de Simon Fiduciara. Voilà comment Fininvest a empêché Vivendi de disposer des droits de vote qui lui revenaient au mois de septembre pour lui imposer de manière abusive le projet de fusion entre Mediaset et Media for Europe NV, qui formerait une nouvelle société paneuropéenne puissante de médias dont l'ambition est de construire le Netflix européen. 

Vivendi avait alors prévenu, le Groupe utiliserait tous les recours juridiques possibles dans tous les pays et toutes les juridictions concernées pour contester la légalité du projet de nouvelle entité. D'ailleurs, sa méfiance avait suffit à réveiller un nombre croissant d'actionnaires et d'investisseurs quant au bien-fondé de l'opération proposée, doutant qu'elle ne créé réellement de la valeur, mais qu'elle consiste plutôt à donner davantage de pouvoir à la famille Berlusconi dans la future structure de parts. 

C'est pourquoi désormais, Fininvest paye le prix fort de toutes ses actions arbitraires et suspicieuses. Après que le 11 octobre, Vivendi, a remporté une première victoire en obtenant la suspension du processus de fusion auprès du tribunal de commerce de Madrid - qui avait jugé que la modification des statuts du nouvel ensemble était destiné à blinder le pouvoir de la holding des Berlusconi dans Mediaset -, le tribunal de Milan, qui devait se prononcer cette semaine sur un recours visant à obtenir un gel de projet de la fusion, a dit reporter sa décision au 22 novembre pour encourager le compromis. Soucieux du déroulé de l'affaire, Mediaset serait désormais prête à modifier la gouvernance de la holding censée regrouper ses activités en Europe, alors que la configuration initiale devait octroyer à la famille Berlusconi jusqu'à 86% des droits de vote totaux du nouvel ensemble pour seulement 38% de participation.

Ce feuilleton s'inscrit en tout cas dans un dynamisme surprenant des familles italiennes qui cherchent à consolider leur pouvoir dans un contexte de perturbation croissante et de capitalisme actionnarial dirigé par Wall Street, de la mégafusion menée par le fabricant de Ray-Ban pour fonder EssilorLuxottica, en passant par le dilemme de la dynastie Benetton sur l'avenir du Groupe Atlantia. 

 

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