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Vivendi saisit la justice pour raisonner les Berlusconi

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Vivendi saisit la justice pour raisonner la famille Berlusconi

C'est le nouvel épisode du bras de fer qui oppose Vivendi à Mediaset. L’entreprise du Groupe Bolloré a déposé un recours pour garantir ses droits de vote lors de l’assemblée générale exceptionnelle (AGE) de Mediaset le 4 septembre prochain. Ce qui est tout à fait justifié.
Vivendi
Vivendi

Depuis trois ans, Vivendi a compris la nécessité de construire un "Netflix européen". Et il comptait en poser la première pierre en 2016 en échangeant avec Mediaset 3,5 % de son capital, en plus de récupérer entièrement Mediaset Premium, l’équivalent du Canal+ italien. Seulement voilà. Au moment de la sortie des résultats financiers de 2015, Mediaset affiche une perte d’exploitation de 115 millions d’euros, et après l’étude approfondie du business plan du Groupe italien de médias pour arriver à un équilibre budgétaire en 2018, Vincent Bolloré a estimé que les hypothèses utilisées étaient trop optimistes et a souhaité de fait renégocier l’accord.

Le 26 juillet de la même année, Vivendi communique alors une nouvelle proposition à la famille Berlusconi, soit l’actionnaire principal de Mediaset  - au travers de la holding Fininvest - mais la famille italienne porte plainte pour non-respect de l’accord initial. Puis Fininvest porte encore plainte pour manipulation des cours de Bourse. De fait, Vivendi a de façon tout à fait légale acheté des actions Mediaset jusqu'à contrôler 28,8 % du capital et près de 30 % des droits de vote. D'ailleurs, c'est exactement la même stratégie qu'a choisi de suivre la famille Berlusconi en montant de 35 à 40 % au capital de Mediaset sur la même période.

C'est ensuite l'Autorité italienne administrative de régulation du secteur des communications en Italie (Agcom) qui se met sur le dos de Vivendi, cette fois pour le rappeler à l'ordre sur le respect des règles antitrust, s'appuyant sur la loi Gaspari de 2004, qui interdit à un même groupe de détenir à la fois plus de 40 % de part de marché dans les télécoms et plus de 10 % de part de marché dans les médias. Vivendi, qui ne détient pourtant que 23,9 % de Telecom Italia, fait là encore un effort en transférant la fraction de ses titres supérieurs à 10 % des droits de vote de Mediaset à une société fiduciaire indépendante.

Comme cela n'en est jamais assez pour Fininvest, la famille Berlusconi a prétexté une détention illégale d'actions pour empêcher Vivendi d'exercer ses parts de votes restantes, à hauteur de 9,99 %, lors de la dernière AG du mois d'avril. Et a annoncé le 23 août avoir déposé plainte auprès du régulateur boursier italien contre Vivendi, reprochant cette fois au Groupe français d'avoir divulgué des informations en vue de saboter ses projets de restructuration. C'est pourquoi Vivendi décide maintenant d'agir et dépose un référé pour garantir ce qui lui revient de fait lors de la prochaine AG exceptionnelle de Mediaset le 4 septembre prochain. La garantie de ces droits est capitale puisque c'est bien lors de cette réunion que le projet de fusion entre Mediaset et Media for Europe NV (MFE) sera proposé aux actionnaires, une alliance visant à développer des économies d'échelle.

Or, si Vivendi parvient à conserver ses droits, le Groupe a bien l'intention de voter contre le projet de mariage. Car tel qu'il est proposé, il prive les droits des actionnaires minoritaires - Vivendi compris - dans le cadre des statuts du géant potentiel. Ce qui est surprenant dans cette histoire, c'est qu'il a été reproché à Vivendi d'enfreindre la loi sur la pluralité des médias (ce qui est contestable). Pourtant, en privant le Groupe de Vincent Bolloré de ses droits, Fininvest - qui détient la moitié du premier groupe d'édition et de presse d'Italie Arnoldo Mondadori Editore et la société de production et de distribution cinématographique italienne Medusa Film (entre autres) - prendrait seul la tête d'un potentiel futur mastodonte européen des médias.

 

 

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