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Après Mediaset, au tour de Vivendi de faire des concessions ?
Après que le 11 octobre, Vivendi a remporté une première victoire en obtenant la suspension du processus de fusion entre Mediaset et Mediaset Espana, qui formerait une nouvelle société paneuropéenne puissante de médias, auprès du tribunal de commerce de Madrid, le tribunal de Milan a dit reporter sa décision au 22 novembre pour encourager le compromis. Un appel fort à la discussion qui porte ses fruits.
Le 5 novembre dernier, la famille Berlusconi, principal actionnaire de Mediaset, acceptait de faire des concessions envers l'autre porteur de parts Vivendi, après qu'il lui a été reproché de blinder le pouvoir de sa holding Fininvest dans le prochain ensemble, évinçant le Groupe de Vincent Bolloré des décisions. Il se trouve en effet que l'Italien Mediaset n'a jamais pardonné à Vivendi d'avoir retiré légalement en 2016 son offre qui consistait à échanger 3,5% de son capital, en plus de récupérer entièrement Mediaset Premium, après une étude approfondie du business plan vacillant du Groupe. Soucieux du déroulé de l'affaire, Mediaset se disait prête à modifier la gouvernance de la holding censée regrouper ses activités en Europe, alors que la configuration initiale devait octroyer à la famille Berlusconi jusqu'à 86% des droits de vote totaux du nouvel ensemble pour seulement 38% de participation.
Et aujourd'hui, c'est au tour de Vivendi de faire des concessions pour que MediaForEurope voie le jour, alors que Disney+ démarre en fanfare et compte déjà 10 millions d'utilisateurs inscrits. Dans le cadre d'un éventuel accord, Vivendi pourrait réduire sa participation de 29% dans Mediaset, ont dit plusieurs sources proches du dossier, tout en conservant une participation réduite dans MediaForEurope.
Selon nos informations, les directions respectives de Vivendi et de Fininvest sont bel et bien entrées en discussions, avant le rendu de la décision du Tribunal de Milan vendredi prochain. Cependant à ce stade, rien n'a été approuvé formellement de part et d’autre, et ces bruits sont en fait des supputations de la presse italienne qui a montré à maintes reprises dans ce dossier son pouvoir de la fake news. Par exemple, au mois de septembre dernier, un journal local du nom de Lettera 43 prétendait que pendant que Giuseppe Conte prononçait son discours au Sénat au début du mois, l’un des banquiers d’affaires les plus en vue, Luigi de Vecchi, président de la division Europe continentale de Citigroup, a franchi le seuil du Palazzo Grazioli où l’attendait Silvio Berlusconi. Selon les “indiscrétions” de la Lettera 43, le banquier serait allé sonder l’ancien Premier ministre italien, pour le compte de Vincent Bolloré ; il lui aurait alors fait part d’une offre d’achat de la majorité des actions de Mediaset, à un prix supérieur à 3,5 euros par action. Ce qui est fantasque pour deux raisons. D’abord, Fininvest - la holding de la famille Berlusconi - a affirmé de son côté n’avoir jamais songé à vendre sa participation, et visait déjà le projet de fusion de Mediaset avec MediaforEurope. Ensuite, du côté de Vivendi, qui a immédiatement démenti la rumeur, on comprendrait mal les motifs du rachat alors que le Groupe n’a cessé de déplorer le fonctionnement illégal de la dernière Assemblée générale et utilisait alors tous les recours juridiques possibles pour contester la légalité des projets en cours de Mediaset. Le journal, peu sérieux, n’aura même pas réussi à déstabiliser les cours de Bourse.
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