Dirigeants, gouvernance / Vivendi / Mediaset / Fininvest
Dirigeants, gouvernance
Vivendi / Mediaset / Fininvest
Vivendi tourne la page Berlusconi
Mediaset et son deuxième actionnaire, le groupe français Vivendi, ont mis fin lundi à des années de guérilla juridique avec un accord en vertu duquel le groupe français réduira drastiquement sa participation dans la chaîne italienne pour ne plus détenir que 4,61 % de son capital. Initialement les deux groupes devaient travailler ensemble sur un projet de plate-forme commune en Europe. Mais très vite Vivendi a découvert que le catalogue de Mediaset n’était pas à la hauteur de celui de Canal. Les relations entre les deux groupes se sont envenimées de plus en plus, d’autant plus que Vivendi se heurtait au "système Berlusconi" et à ses réseaux italiens.
L'accord engage Mediaset à verser un dividende extraordinaire de 0,30 euro par action le 21 juillet prochain. De son côté Vivendi qui avait réussi à bloquer le transfert de Mediaset aux Pays Bas, ne s’y opposera plus. Et cela d’autant plus que le groupe français va progressivement réduire sa participation. Par ailleurs en termes industriels l’accord entre les deux tycoons prévoit que Vivendi et Mediaset entretiendront des relations de bon voisinage sur la télévision en clair et des engagements de statu quo pour une durée de cinq ans.
Dans le cadre de cet accord, Vivendi vendra sur le marché sur une période de cinq ans les deux tiers de sa participation de 28,8 % dans Mediaset qu'elle avait été contrainte de placer dans une fiducie sans lien de dépendance. La holding de la famille Berlusconi, Fininvest, qui détient déjà 44 % du capital de Mediaset, achètera 5 % supplémentaires à Vivendi au prix de 2,70 euros par action. La valeur de la participation du groupe français dans Mediaset représente aujourd'hui environ 920 millions d'euros. Il devrait récupérer en cash près de 900 millions d’euros sur la base d’un prix moyen de vente de 3 euros et compte tenu de la distribution d’un dividende exceptionnel. De surcroît il lui restera une participation de 4,6 % qu'il sera libre de vendre ou de conserver.
Si Vivendi a pu obtenir à bon compte cette paix des braves, c’est parce que le groupe a remporté une série de victoires devant les tribunaux, recouvrant les pleins droits de vote sur sa participation et donc le pouvoir de bloquer tout mouvement d'actionnaire majeur chez Mediaset. Autre coup dur pour Mediaset, un tribunal milanais a rejeté le mois dernier une demande de dommages et intérêts de 3 milliards d'euros du diffuseur, condamnant Vivendi à ne payer qu'environ… 1,7 million d'euros. Le 22 juillet prochain les deux groupes auront retrouvé leur liberté.
Si cette "paix des braves" va permettre à Vivendi de récupérer un gros paquet de liquidités et de tourner la page de relations impossibles avec Mediaset, elle va aussi lui faciliter ses relations d’affaires en Italie, notamment sur Telecom Italia, où il existe encore un potentiel de création de valeur. De son côté l’avenir de Mediaset est d’autant plus fragile, qu’il est lié en bonne partie à la personnalité de son fondateur. Or Silvio Berlusconi a été récemment hospitalisé pendant trois semaines pour une maladie qui a été gardée secrète.
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