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Vivendi décélère en attendant la scission / Un projet encore lointain dont Canal+ sera la pierre angulaire

Vivendi a enregistré en 2023 des résultats logiquement renforcés par l’intégration en fin d’année de Lagardère. Hors effet de périmètre cependant, la croissance du groupe de divertissement, de médias et de communication a ralenti en fin d’année. Il faudra attendre pour avoir des précisions sur le projet de scission de l’entreprise, qui demeure lointain à ce stade.
Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi - (Photo by ALAIN JOCARD / AFP
Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi - (Photo by ALAIN JOCARD / AFP

Fin d’année 2023 en demi-teinte pour Vivendi. Alors que se prépare le grand chantier de la scission en quatre du groupe détenu par la famille Bolloré et dirigé par Arnaud de Puyfontaine, sa croissance a quasiment fait du surplace sur les trois derniers mois de 2023.

Cela ne se voit pas dans le chiffre d’affaires annuel réalisé sur l’ensemble de l’année écoulé, qui s’est élevé à 10,5 milliards d’euros, en progression de 9,5 %. Une évolution qui reflète la progression de Groupe Canal + (pour 188 millions d’euros) et de Havas (pour 107 millions d’euros), mais surtout la consolidation de Lagardère à compter du 1er décembre 2023, qui a ajouté 670 millions d’euros à l’activité.

Dans le détail en revanche, hors effet de périmètre et à taux de change, "le chiffre d’affaires du quatrième trimestre n’a augmenté que d’environ 1 % en glissement annuel et en données comparables", observe le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. Soit un quatrième trimestre "plutôt décevant " selon lui après les progressions de 4,3 % puis de 3 % enregistrées aux deuxième et troisième trimestre.

 

Bilan mitigé

 

Sur le front de la rentabilité, les comptes annuels du géant français des médias et de l’édition, propriétaire de la marque Capital, sont comme prévu sortis du rouge, avec un bénéfice net de 0,4 milliard d’euros, contre une perte d’un milliard d’euros en 2022 qui était due à la dépréciation de la participation dans l’opérateur Telecom Italia.

Indicateur plus réaliste, le résultat opérationnel ajusté (Ebita) a augmenté de 7,5 % en données comparables en 2023, soit plus rapidement que le chiffre d’affaires (+2,6 % en données comparables). Mais là aussi, "le bilan est globalement mitigé", pointe AlphaValue, entre la bonne performance d’Havas dont la marge s’améliore, le retour à un Ebita positif de Vivendi Village, et la performance décevante de Canal + dont l’Ebitda a progressé de 1,3 % seulement, pour un chiffre d’affaires en hausse de 2,9 %.

A 934 millions d’euros, l’Ebita dégagé par Vivendi en 2023 ressort d’ailleurs "légèrement inférieur aux attentes alors que nous tablions sur 953 millions d’euros et le consensus sur 967 millions d’euros", note de son côté Oddo BHF.

Chiffres mis à part, la question centrale pour les actionnaires minoritaires reste de savoir si le projet de scission en quatre de l’entreprise élaboré par le directoire de Vivendi sera une bonne affaire. A priori oui, dans la mesure où il doit créer de la valeur et supprimer la décote de holding. Les quatre entités envisagées étant Havas, Canal +, une société d’investissement et une holding regroupant les activités de médias et de distribution spécialisée à la suite du rachat de Lagardère en novembre dernier.

 

Des questions à éclaircir

 

Toutefois, "Lagardère n’est pas une entité très sexy en bourse" et "Havas intéressera les investisseurs davantage pour son éventuel côté spéculatif que pour ses perspectives opérationnelles", remarque AlphaValue. Le cas de Canal + est différent. Alors que la chaîne s’apprête à présenter une offre ferme pour racheter la totalité des actions de la société de télévision payante sud-africaine Mutichoice, "il semble en tout soit fait pour habiller la mariée et que Canal + soit l’actif qui devrait le plus intéresser les investisseurs au moment de la scission", estime le bureau d’études.

Une opération qui demeure quoi qu’il en soit lointaine à ce stade. Le groupe n’a apporté aucune précision sur l’agenda de la scission lors de la conférence téléphonique de présentation de ses résultats, Vivendi tablant toujours sur une finalisation du projet d’ici à la fin du premier semestre 2025. L’étude de faisabilité se poursuit mais de nombreuses questions restent à éclaircir, notamment l’impact fiscal du projet, a indiqué Arnaud de Puyfontaine, tout en rassurant sur le fait que cet impact devrait être limité. En attendant, des cessions de participations cotées (et notamment d’UMG) ne sont pas d’actualité à court terme, a-t-il également indiqué. L’action Vivendi cédait près de 1 % vendredi, à 10,15 euros.

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