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Bolloré / Vivendi / Havas / Cyrille Bolloré / Bolloré Africa Logistics
Bolloré a fini 2022 en trésorerie positive / Le groupe prépare une OPA simplifiée sur ses propres actions
Un groupe désendetté. A chaque année son opération de déconsolidation. Alors que l’événement phare pour Bolloré en 2021 était la cession par sa filiale Vivendi de la major Universal Music Group (UMG), l’année 2022 aura été celle de la vente de sa filiale Bolloré Africa Logistics. L’opération a généré 3,15 milliards d’euros de plus-value, a indiqué mardi le groupe en publiant ses comptes de l’exercice écoulé.
Sans surprise, le résultat net de 2,72 milliards d’euros de 2022 s’établit très loin du record de 20,22 milliards d’euros de l’année précédente, qui intégrait la plus-value de déconsolidation d’UMG de 19,9 milliards d’euros. Mais l’essentiel est ailleurs.
Conséquence principalement de la cession de Bolloré Africa Logistics, les comptes 2022 de Bolloré montrent surtout, et pour la première fois dans l’histoire de l’entreprise, une trésorerie positive. Celle-ci s'est élevée à 1,21 milliard d’euros au 31 décembre 2022, à comparer à l'endettement net de 3,43 milliards d'euros atteint un an plus tôt.
L’entreprise regorge parallèlement de disponibilités et lignes de crédit, pour un total de 12 milliards d’euros à fin décembre. Bolloré compte d’ailleurs en utiliser une (petite) partie pour racheter jusqu’à 9,78% de son capital au prix envisagé de 5,75 euros par action (contre 5,13 euros à la clôture mardi soir), dans le cadre d’une offre publique d’achat simplifiée sur ses propres actions. Le conseil d’administration prendra sa décision "dans le courant du mois d’avril 2023", a indiqué la société.
Mais l'essentiel de ces moyens considérables pourrait plus particulièrement servir à opérer la simplification tant attendue de la structure de la "galaxie Bolloré", selon un scénario régulièrement évoqué par les analystes. Il consisterait à fusionner Bolloré et sa maison mère, la compagnie de l'Odet, et pourrait également concerner sa filiale Vivendi, le but étant de créer de la valeur en supprimant les décotes.
Avant d’en arriver là, peut-être Bolloré n’en a-t-il pas fini avec les cessions. Sa filiale Bolloré Logistics intéresserait CMA CGM, a indiqué le mois dernier l’agence Bloomberg, alors qu'une vente éventuelle marquerait un recentrage du groupe sur les médias.
Bolloré Logistics se porte bien en tout cas. Cette filiale, dont le groupe révèle cette année pour la première fois la rentabilité, a vu son résultat opérationnel ajusté (Ebita) s’élever à 437 millions d’euros en 2022, en croissance organique de 71%, dans un contexte porteur, marqué par d’importantes hausses de tarifs. En parallèle, celui de Bolloré Energy, spécialisée dans la logistique pétrolière en France, en Suisse et en Allemagne, a enregistré un bond de 141%, à 141 millions d’euros.
Dans le même temps, l’Ebita des activités de communication s’est accru de 36%, à 868 millions d’euros, grâce à la bonne marche du groupe Canal+ et à la progression d’Havas et des sociétés mises en équivalence, UMG (dont Bolloré a conservé 10%) et Lagardère. Au total, l’Ebita de Bolloré a bondi de 47% l’an dernier, à 1,5 milliard d'euros, tandis que le chiffre d’affaires de l’exercice 2022 s’est élevé à 20,7 milliards d’euros, en croissance de 20 % à périmètre et taux de change constants.
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