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Bolloré / Bolloré Logistics / Bolloré Africa Logistics
Bolloré quitte les ports africains (mais pas l'Afrique) / A quoi vont servir les 5,7 milliards d'euros de la vente ?
C’est fait. Un large pan de l’histoire africaine du groupe Bolloré vient de s’achever. Le groupe bicentenaire dirigé par Cyrille Bolloré - qui a remplacé son père Vincent en 2019 - a annoncé mercredi avoir bouclé la vente à l’armateur italo-suisse MSC (Mediterranean Shipping Company) de la totalité du capital de sa filiale Bolloré Africa Logistics regroupant l’ensemble de ses activités de transport et logistique en Afrique.
Signée en mars dernier, l’opération était conditionnée à l’obtention d’autorisations réglementaires. Elle devait aussi recevoir l’aval des autorités de la concurrence compétentes ainsi que l’accord de certaines des contreparties de Bolloré Africa Logistics. Un ensemble de conditions réunies dès le début du mois, permettant de clore l’opération très en avance sur l’échéance de la fin du premier trimestre 2023 que le groupe s’était fixée.
Une vache à lait
La transaction a été réalisée sur la base d’une valeur d’entreprise de 5,7 milliards d’euros, un montant élevé pour des activités qui ont réalisé un chiffre d’affaires 2,3 milliards d’euros en 2021. Mais le prix reflète la valeur stratégique d’actifs que le groupe Bolloré avait commencé à assembler il y a plus de 35 ans, avec l’acquisition en 1986 et 1991 respectivement, du transitaire Scac (auprès de Suez) et de l’armateur Delmas-Vieljeux, afin de bâtir le premier acteur du transport et de la logistique en Afrique. Bolloré Africa Logistics est ainsi présent dans 42 ports en qualité d’opérateur de terminaux portuaires, d’agent de lignes maritimes ou encore de manutentionnaire de marchandises non conteneurisées, où il gère principalement 16 terminaux à conteneurs. Des activités au demeurant très rentables, qui ont d’ailleurs longtemps été la vache à lait du groupe, lui donnant les moyens de conduire ses raids sur Bouygues, Pathé, Vallourec, Havas, ou Vivendi.
Tandis que l’opération s’inscrit dans la stratégie d’expansion de MSC, qui a ravi l’an dernier au Danois Maersk la tête du classement mondial des armateurs de porte-conteneurs, elle pose la question de savoir ce que le groupe Bolloré compte faire du produit de la vente. Elle ne signifie pas, d’ailleurs, l’abandon par le groupe français du métier de la logistique ni qu’il quitte le continent africain. Le renforcement des activités de logistique est depuis longtemps une priorité de Cyrille Bolloré, et vendre des infrastructures portuaires à forte intensité capitalistique n’empêchera pas l’entreprise d’accélérer le développement de la filiale Bolloré Logistics, l’un des dix premiers groupes mondiaux du secteur.
Serpent de mer
En outre, "le groupe conservera, dans tous les cas, une présence importante en Afrique, notamment à travers Canal+, premier opérateur de télévision payante en Afrique francophone et actionnaire important de MultiChoice, le leader de la télévision payante en Afrique anglophone", a-t-il aussi indiqué. D’aucuns pensent que Bolloré pourrait utiliser ces nouvelles ressources financières pour poursuivre la consolidation de son empire médiatique, via ses filiales Vivendi, Havas ou Editis.
Mais la sortie de la logistique africaine pourrait aussi servir à simplifier la structure de la galaxie Bolloré, tout en haut de laquelle se trouve la holding de tête Sofibol, contrôlant la Financière de l’Odet, qui elle-même contrôle directement 64,3% du capital de Bolloré. Le "serpent de mer" d’une possible fusion entre Financière de l’Odet et le groupe Bolloré, qui permettrait de créer de la valeur en retirant un niveau de décote, pourrait bien ressurgir.
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