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La conjoncture retarde l'augmentation de capital de Marie Brizard
La crise sanitaire a remis en lumière l'importance des clauses "MAC" (materially adverse clause) ou de force majeure dans le droit des affaires. Le contretemps subit par Marie Brizard Wine & Spirits (MBWS) montre que les clauses déterminant les aléas majeurs ne sont plus prises à la légère, même si le secteur des vins et des spiritueux n'est pas, de loin, le plus directement affecté par le contexte actuel - les ventes d'alcool restant possibles dans les circuits de distribution alimentaire.
MBWS a ainsi annoncé le report de son augmentation de capital de 105 millions d'euros, alors que son principe avait été approuvé fin novembre par les actionnaires au cours d'une AG extraordinaire et que l'opération devait à l'origine avoir lieu fin 2020 ou tout début 2021. L'opération aura peut-être lieu au premier semestre 2021.
En cause : la crise sanitaire et le Brexit, dont les négociations difficiles provoquent de graves perturbations dans les échanges commerciaux entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Ces deux événements ralentissent la conclusion d'un accord entre MBWS et un important fournisseur britannique de whisky. La pierre d'achoppement concerne les engagements minimum "en cas de survenance d'aléas liés au Brexit ou à des changements de conditions macro-économiques". Un accord de principe avait été signé en juillet dernier avec son fournisseur pour modifier leur contrat d'approvisionnement en vrac. L'annonce a fortement déçu les investisseurs : l'action MBWS accusait la plus forte baisse du SRD à la mi-séance (-3,2%).
Le but de l'augmentation de capital était de renforcer l'emprise de la Cofepp sur MBWS. Ce holding de la famille Cayard (dont la filiale La Martiniquaise possède notamment les rhums Dillon, Negrita, Saint-James, les pastis Casanis et Duval, le whisky Label 5, la vodka Poliakov, ou encore Porto Cruz) avait accepté, en décembre 2019, de renflouer Marie Brizard, dont les comptes sont dans le rouge depuis 2017, en raison notamment de la forte concurrence que le groupe a subi en Pologne et des difficultés du marché des vins aromatisés. Pendant l'assemblée générale, Andrew Highcock, le directeur général de MBWS, avait qualifié l'opération de Bourse d'"étape nécessaire vers le rétablissement d'une structure financière pérenne". Le groupe s'est en effet retrouvé à sec de trésorerie avant même le début de la crise sanitaire. Mais la Cofepp avait fait de la modification du contrat avec Scotch Whisky une condition préalable à sa participation à l'augmentation de capital.
La Cofepp est progressivement montée au capital de MBWS (alors nommé Belvédère), en passant la barre des 5% en 2015. Sa participation est passée à 47% début 2019, puis à 51% en cours d'année. Dans l'accord de fin 2019, le holding s'est engagé à racheter les créances bancaires de Marie Brizard et à financer ses besoins en trésorerie pour 2020, tandis que ces apports seraient incorporés au capital de MBWS dans le cadre de l'augmentation de capital. À l’issue de l'opération, la Cofepp détiendrait alors plus de 70% du groupe.
Dans l'intervalle, concomitamment à l'accord de principe annoncé avec son fournisseur, MBWS a éteint l'un de ses foyers de pertes en vendant l'essentiel de ses activités polonaises à United Beverages.
Parmi les marques les plus connues de MBWS, on peut citer William Peel, Sobieski, Marie Brizard ou encore Cognac Gautier.
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