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Mesures de rétorsion chinoises contre les spiritueux : la filière française en appelle à une solution diplomatique bilatérale / Un déplacement de la nouvelle ministre du Commerce extérieur qui suscite l’espoir
Dépôt obligatoire d’une caution (allant de 30 à 39 % selon la valeur de la marchandise) auprès des douanes chinoises, depuis le 11 octobre, pour l’importation de brandy en provenance d’Europe, incertitudes quant à la réintroduction de mesures douanières sur les spiritueux aux États-Unis en cas de victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine mardi prochain… autant de sujets d’inquiétudes pour la filière française du Cognac et de l’Armagnac invitée ce mercredi matin à s’exprimer devant les membres de la Commission des affaires économiques du Sénat. Il faut dire que concernant la Chine, la crise se fait déjà ressentir. "On parle de millions d’euros de caution et nous en ressentons déjà les effets, des commandes en cours de la part de clients chinois étant mis en suspens dans l’attente de connaître le taux définitif de surtaxe", a alerté Florent Morillon, président du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC).
Alors que l’Union européenne a adopté définitivement, ce mardi, (avec le soutien de la France) jusqu’à 35 % de droits de douane supplémentaires (en plus de 10 % déjà en vigueur) sur les véhicules électriques à batteries venus de Chine, les acteurs du secteur des vins et spiritueux savent que la contre-attaque de l’Empire du milieu ne va pas se faire attendre. " Notre filière est prise en otage, nous sommes des victimes collatérales d’un conflit entre l’Europe et la Chine sur les voitures électriques. C’est insupportable. Notre filière ne peut pas être sacrifiée pour des véhicules électriques", a-t-il poursuivi. Une attente aussi inacceptable pour Anthony Brun, représentant de la famille de la viticulture du fait des investissements menés par la profession ces dernières années pour dimensionner les vignobles et ainsi répondre à la demande.
Si les États-Unis sont de fait le premier marché de la filière française à l’exportation, la Chine arrive deuxième avec 25 % du marché. "Les vins et spiritueux, ce sont 16 milliards d’euros à l’exportation. La Chine représente à elle seule 800 millions d’euros, et ce montant peut être encore plus important quand les produits transitent vers Singapour. L’enjeu est donc incontournable. Il n’y a pas de futur pour la filière sans exportation", a expliqué Nicolas Ozaman, délégué général de la Fédération des exportateurs de vins et de spiritueux (FEVS), assurant qu’il n’existait pas de "plan B de repli", "ni d’alternatives aux marchés chinois et américain". "Depuis le 5 janvier dernier, date à laquelle les autorités chinoises ont lancé leur enquête anti-dumping, nous vivons dans l’angoisse", a complété Florent Morillon.
C’est donc dans ce contexte que les représentants de la filière ont appelé la représentation nationale à parvenir à une solution diplomatique. "Il faut privilégier la négociation bilatérale entre les gouvernements français et chinois. Nous attendons ainsi beaucoup du déplacement en Chine de la nouvelle ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, Sophie Primas, prévu la semaine prochaine [elle sera accompagnée de l’ancien Premier ministre et spécialiste de la Chine, Jean-Pierre Raffarin, ndlr]", a indiqué Florent Morillon, assurant que la mise en place d’un plan d’aides ou un fonds de soutien à la filière ne serait "qu’un pansement". "Le sujet n’est pas une question de subventions. Une discussion directe doit être engagée entre la France et la Chine, cela n’étant plus possible via l’Europe même si les instances européennes ont saisi l’Organisation mondiale du commerce pour contester cette décision chinoise. Nous savons que cette procédure prendra des années. Or, il faut régler le problème immédiatement. Dans 4 ans, nous aurons disparu ", a-t-il prévenu.
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