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Rémy Cointreau / Eric Vallat / Marie-Amélie Leusse / cognac
Millésime record pour Rémy Cointreau / Les Etats-Unis donneront le la du nouvel exercice
Dans les spiritueux comme ailleurs, faire de la croissance tout en faisant progresser ses ratios de rentabilité ne coule pas toujours de source. Rémy Cointreau y est parvenu au cours de son exercice 2022-2023 achevé fin mars. Le chiffre d’affaires du numéro deux français du secteur était connu depuis fin avril. Il a progressé de 17,9 % par rapport à l’exercice précédent, dont 10,1 % de croissance purement organique, pour s’élever à 1,55 milliard d’euros, un plus haut dans l’histoire de l’entreprise dirigée depuis 2019 par Eric Vallat, et dont Marie-Amélie de Leusse est devenue présidente l’an dernier.
La rentabilité est au diapason. Le résultat opérationnel courant a lui aussi atteint un nouveau record. Il s’est établi à 429,6 millions d’euros, en progression de 28,5 % dont 16,2 % de croissance organique, au-delà des 14,4 % de hausse attendus par le consensus des analystes. La marge correspondante s’est ainsi hissée à 27,7 %, contre 25,5 % à l’exercice précédent.
Évidemment, la performance est largement liée à celle du Cognac, prépondérant, puisque ses ventes représentent 71 % du chiffre d’affaires et même 94,3 % du résultat opérationnel courant. A 36,8 % la marge opérationnelle courante de la division "reflète une progression significative de la marge brute et une très bonne maîtrise des coûts de structure ", souligne l’entreprise. Tandis que la marge de la division Liqueurs et spiritueux est demeurée stable en organique en raison de l’inflation des couts de production. Une performance, là aussi, "supérieure à nos attentes et à celles du consensus après que l’évolution positive du deuxième semestre a presque compensé la baisse de la marge de 820 points de base au premier", note le cabinet Stifel.
Normalisation
Ces réalisations meilleures qu’attendu permettent au groupe de "conforte [r] son avance sur son plan stratégique 2030", a ainsi souligné Eric Vallat. Le groupe vise toujours une marge brute de 72 % à cet horizon et une amélioration graduelle de la marge opérationnelle courante des marques du groupe pour tendre à 33 %.
Cette avance s’avèrera utile pour le nouvel exercice 2023-2024 qui a débuté le 1er avril, et pour lequel Rémy Cointreau s’en tient à sa vision prudente de stabilité organique du chiffre d’affaires et de la profitabilité. La raison est la même que celle avancée lors de la publication du chiffre d’affaires il y a un mois : principalement la normalisation de la consommation et des stocks aux Etats-Unis, qui représentent il est vrai peu ou prou la moitié des revenus.
"La société affrontera par ailleurs une base de comparaison élevée au premier semestre sur l’ensemble de ses géographies et de ses marques", notent de leur côté les analystes de TP ICAP Midcap. Au recul marqué du chiffre d’affaires au premier semestre, sous l’effet d’une très forte baisse des ventes aux Etats-Unis et de bases de comparaison élevées, suivra une vive reprise de la croissance au second semestre "dans le sillage d’un net rebond de l’activité aux Etats-Unis à partir du troisième trimestre ", prévoit le groupe. Des nouvelles qui laissent jeudi les investisseurs indifférents, l’action Remy Cointreau étant quasi stable à 143,6 euros, sachant que le titre a perdu près de 20 % depuis la première annonce fin avril de ces perspectives en demi-teinte.
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