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Rémy Cointreau / spiritueux / Chine / luxe / Résultats
Rémy Cointreau en forme grâce à Louis XIII
Plus petit et moins rentable que ses grands concurrents - Hennessy et Pernod-Ricard - Rémy Cointreau a enclenché la marche en avant pour améliorer sa rentabilité. Hausse des prix, maîtrise des coûts, la recette est gagnante. Le groupe, qui publiait ce jeudi ses résultats annuels, a atteint avec un an d'avance ses objectifs en la matière. Sa marge opérationnelle courante s'élève désormais à 21,7 % soit une hausse de 2,6 points au cours des deux dernières années, alors que le groupe tablait à l'origine sur trois ans pour parvenir à ce niveau.
Globalement tous les grands indicateurs sont au vert. Rémy Cointreau a vu son bénéfice net croître de 6 % à 157,1 millions d'euros et son bénéfice d’exploitation bat le consensus en augmentant de 14 % à 263,3 millions d’euros, c'est 4 millions de plus que ce qu'envisageaient les analystes.
Comme prévu, c'est grâce au cognac que Rémy Cointreau progresse autant, tandis que les branches des marques partenaires et des liqueurs et spiritueux reculent. Le cognac, qui pèse lourd dans les comptes du groupe et dont le chiffre d'affaires a bondi de 12,1 % à 851,9 millions d'euros avec une croissance partout dans le monde, et surtout en Chine. Là-bas, le trou d'air des campagnes anti-corruption des premières années de Xi Jinping n'est plus qu'un mauvais souvenir. Les exportations vers la Chine ont retrouvé, et même dépassé les volumes d'avant 2012. Certes, les bouteilles de prestige offertes en cadeau d'affaire sont plus rares que par le passé, mais la hausse de la demande des classes aisées compense très largement le phénomène.
Rémy Cointreau l'a bien compris et en profite, affichant d'insolentes croissances des ventes à deux chiffres dans l'Empire du Milieu. Avec ses deux marques Rémy Martin et Louis XIII, le groupe fait carton plein, malgré les prix élevés de certains flacons comme le Louis XIII à 3.000 euros. Un positionnement clairement assumé par celui qui ne cache pas son ambition de devenir le leader mondial des "spiritueux exceptionnels", multipliant ses efforts depuis quelques années pour se réorienter vers le très haut de gamme. Le pari est en passe de réussir. En 2015, 45 % des bouteilles vendues étaient à plus de 50 euros, et représentent aujourd'hui 54 % des ventes. À ce rythme-là, nul doute que l'objectif de 60 % à 65 % ne soit vite atteint.
Pour y parvenir, Rémy Cointreau est aux petits soins pour le marché chinois, principal levier de croissance. Présence et animation d'une communauté sur wechat, personnal shopper, dîners "découverte", collaborations artistiques… soignant sa communication et sa relation client, le groupe de spiritueux se cale sur la stratégie des grandes marques de luxe pour séduire les exigeants millennials Chinois.
Malgré les résultats de très bonne facture de Rémy Cointreau, les investisseurs ont été échaudés par l'absence de perspectives chiffrées pour l'exercice en cours : le groupe a simplement prévenu que son premier trimestre 2019-2020 pourrait être moins dynamique en raison du calendrier de ses hausses des prix. Conséquence, le titre a perdu 3,1 % aujourd'hui à la Bourse de Paris. Il faut que dire que Rémy Cointreau affiche des multiples de valorisation très élevés, qui à 32,6 fois les bénéfices estimés pour 2020-2021, sont plus proches de ceux du secteur luxe que des vins et spiritueux.
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