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Pernod-Ricard / spiritueux / Résultats

La sobriété de Pernod Ricard

Le groupe de spiritueux, qui a fourni de l’alcool pour la production de gels hydroalcooliques, anticipe désormais une baisse de 20 % de son résultat opérationnel courant annuel. Il conjugue une réactivité citoyenne avec un devoir de transparence rare en cette période de crise.
Alexandre Ricard
Alexandre Ricard

Alors que la plupart des sociétés du CAC40 ont seulement émis des "profit warning" sur l’exercice 2020, sans être capables de chiffrer l’impact du coronavirus sur leur activité à ce stade, Pernod Ricard s’est livré ce matin à ce difficile exercice. Le groupe de spiritueux, qui publie un exercice décalé clôturé à fin juin, a en effet dû se prêter au jeu des prévisions sur ses résultats annuels, alors que nul ne sait encore quelle sera la durée et la véritable ampleur de ce virus sur l’activité sur les trois prochains mois.

Le groupe d’Alexandre Ricard a détaillé l’évolution sur deux de ses quatre marchés stratégiques (Etats-Unis, Chine, Inde et Travel Retail). En Chine tout d’abord, qui génère 10 % de ses revenus, il a relevé une "activité très limitée" en février et mars et prévoit une "reprise lente" à partir d’avril. L’autre coup d’arrêt se situe bien sûr sur le Travel Retail, où les volumes de vente vont fondre de 80 % entre février et fin juin. Heureusement, Pernod Ricard dégage les trois quarts de ses ventes du "off-trade", directement en B-to-B, où la baisse du chiffre d’affaires est limitée à 10 %. Tandis que sur le "on-trade", le groupe s’attend d’ores et déjà à des ventes nulles d’ici à la fin du semestre en raison de la fermeture des points de vente ou de l’arrêt des commandes.

Pernod Ricard, qui avait déjà revu ses prévisions de croissance interne du résultat opérationnel début février – de 5 à 7 %, il les avait ramenées à 2 à 4 % - anticipe désormais un recul de 20 % de ce résultat. Une contraction sévère, mais qui ne posera aucun problème de liquidité au groupe, déjà bien armé. Comme il le rappelle, le groupe a remboursé 850 millions d’euros d’obligations hier, n’a pas d’échéance avant avril 2021 et peut déjà compter sur 3,1 milliards d’euros de lignes de crédit non tirées et 2,5 milliards d’euros de crédit syndiqué à échéance 2024. Début février, Fitch avait confirmé la note BBB+ en jugeant que face à la crise du coronavirus en Asie, le groupe avait la flexibilité opérationnelle et financière suffisante, mais cela était bien sûr avant la contamination du monde entier.

Quoi qu’il en soit, Pernod Ricard fait montre ici d’un louable devoir de transparence vis-à-vis de ses investisseurs, dans une période où toutes les conjectures sont particulièrement difficiles à établir. Le groupe avait déjà fait preuve d’un sens du civisme hors du commun, aux côtés de LVMH et d’autres grands noms de la cote, en faisant don de 70.000 litres d’alcool pur au laboratoire Cooper, premier fournisseur de gel hydroalcoolique en pharmacie. Aujourd’hui, il exécute son devoir de transparence auprès de ses investisseurs, qui lui en sont reconnaissants : le titre gagne plus de 3 % dans un marché certes bien orienté, même s’il reste en baisse de 25 % sur ce mois apocalyptique en Bourse.

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