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LVMH-Tiffany : le luxe est dans l’expectative

De nouveaux doutes sur le bouclage de l’acquisition du joaillier américain Tiffany par LVMH sont apparus dans le sillage de la crise économique actuelle. Mais l’enjeu d’un succès est important pour le géant français – et l’ensemble du secteur.
Marques de luxe
Marques de luxe

L’industrie du luxe est suspendue à la conclusion de l’acquisition de Tiffany par LVMH, dont l’échec pourrait durablement affecter le secteur. Le sujet vient de refaire surface.

Des sources ont indiqué au média spécialisé WWD mardi, mais aussi à l'agence Reuters hier soir, que le géant français du luxe avait réuni son conseil d’administration mardi pour aborder l’avenir de la transaction, que la direction hésitait à conclure en raison de l’effondrement de la consommation américaine consécutif à la pandémie de coronavirus et, dans une moindre mesure, les manifestations contre les brutalités policières racistes aux Etats-Unis après la mort de George Floyd à Minneapolis. Dans ce contexte, la dette de Tiffany serait également devenue problématique. Les administrateurs de LVMH seraient favorables à ce que l’accord soit reconsidéré.

Fin novembre, le groupe dirigé par Bernard Arnaud avait annoncé une offre d’achat – amicale – de 16,2 milliards de dollars sur le joaillier américain, au prix de 135 dollars par action.

Ce n’est pas la première fois que des doutes émergent. La baisse du titre Tiffany en Bourse après la généralisation des mesures de confinement aurait déjà poussé LVMH à demander au conseil d’administration de Tiffany de pouvoir acheter des actions sur le marché, pour prendre en compte les nouveaux risques apparus sans pour autant renoncer à l’acquisition. Mais ce matin, le groupe a annoncé ne pas envisager d'acheter d'actions Tiffany sur le marché. "Le Conseil d’administration de LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton s’est réuni (mardi) et a notamment porté son attention sur l’évolution de la pandémie et son impact potentiel sur les résultats et les perspectives de la société Tiffany au regard de l’accord qui lie les deux groupes", a-t-il ajouté dans un communiqué.

En l'absence de démenti jusqu'à ce matin, les investisseurs avaient mal réagi à l’information. Le titre du joaillier a chuté de 8,9% mardi (à 117 dollars, soit près de 14% de moins que fin novembre). "Étant donné l’importance de l’information, [LVMH] pourrait publier un communiqué de presse sur le sujet dès que possible", avaient prédis les analystes d’UBS. Quoiqu'il en soit, une modification majeure dans le projet secouerait les deux groupes. "La transaction avait été approuvée par les actionnaires des deux groupes et devait être bouclée vers la mi-2020. C’est pourquoi tout changement à l’accord actuel devrait avoir des conséquences judiciaires", estiment-ils.

En imaginant le scénario de plus pessimiste, la conséquence d’un échec ne serait pas limitée aux protagonistes (l’action LVMH a d’ailleurs progressé depuis deux jours) : un retrait pourrait en effet affecter l’ensemble du secteur. Le groupe français est réputé pour réussir l’intégration des sociétés acquises. Il est également le principal acteur de la concentration dans le luxe. Le signal serait donc fortement négatif. Dans le pire des cas, un renoncement serait interprété par le marché comme le constat par LVMH que le contexte actuel est si dégradé qu’il a affecté durablement les fondamentaux de cette industrie - au mieux, le redressement économique serait beaucoup plus lent qu’espéré à l’origine. En outre, Tiffany est une marque emblématique et mondiale, dans un sous-secteur où la croissance et les marges sont importantes ; et étant donné que l’opération est la plus importante (en montant) jamais menée par LVMH, sa réputation est en jeu. C’est pourquoi le Français préférera probablement tout faire (donc convaincre les administrateurs de Tiffany de réviser les termes) avant de se résoudre à renoncer.

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