Fusions, Acquisitions / LVMH / Tiffany & Co / Bernard Arnault
Fusions, Acquisitions
LVMH / Tiffany & Co / Bernard Arnault
LVMH s’offre un diamant gros comme Tiffany
Il y a 35 ans Bernard Arnault rachetait pour quelques francs la société financière et foncière Agache Willot qui avait notamment comme actif Christian Dior Couture. Depuis, il n’a jamais cessé, à partir de cet actif, de vouloir construire le plus grand et le plus beau groupe de produits de prestiges au monde. Ce que la bourse a salué récemment en portant la valeur boursière de LVMH à plus de 200 milliards d’euros.
En scellant hier soir un accord définitif pour le rachat de Tiffany, sur la base de 135 dollars par action, soit 14,7 milliards d’euros, Bernard Arnault vient de signer la plus grosse acquisition de toute sa vie d’industriel du luxe. Et il l’a fait dans de très bonnes conditions financières, après avoir déposé une première offre informelle sur la base de 120 dollars par action, il y a un peu plus d’un mois.
Son pari était que personne d’autre que LVMH ne pourrait racheter Tiffany. Alors que Center View, la banque des administrateurs de Tiffany faisait tout ce qu’il fallait pour faire monter les enchères, appelant tel concurrent, tel fonds d’investissement. D’une part, 14,7 milliards d’euros c’est déjà un bon prix. D’autre part, ni Kering, ni Richemont n’étaient en mesure de faire la moindre surenchère.
En rajoutant Tiffany et ses fameuses boîtes bleues turquoise à Bulgari, LVMH devient un leader incontournable sur le marché de la joaillerie qui connaît depuis quelques années une croissance foudroyante avec de très belles marges. Par ailleurs Tiffany a le gros avantage, comme beaucoup de marques exploitées par LVMH d’être une enseigne mondiale et implantée sur toute la planète avec quelque 300 boutiques.
Il reste maintenant aux actionnaires à se passer mutuellement la bague aux doigts, ornée du célèbre diamant Tiffany, dont rêvent toutes les Américaines. Officiellement le rapprochement devrait être bouclé pour le milieu de l’année 2020, sous réserve des conditions suspensives habituelles, y compris l’approbation des actionnaires de Tiffany et l’obtention des autorisations réglementaires.
Si c’est une grosse acquisition elle ne va pas pour autant déséquilibrer le bilan de LVMH qui devrait dégager cette année un cash-flow disponible représentant la moitié du montant de l’acquisition et qui est très peu endetté. C’est ce qui justifie que l’action du groupe de Bernard Arnault gagne déjà plus de 2% ce matin et que son groupe affiche une capitalisation boursière de près de 205 milliards d’euros.
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