Entreprises / Actions / LVMH / Tiffany & Co / OPA
Entreprises / Actions
LVMH / Tiffany & Co / OPA
Tiffany confiant sur son deal avec LVMH
Lors de la publication des résultats trimestriel de Tiffany, les investisseurs étaient tout autant intéressés par l’impact de la pandémie sur ses ventes, que son point de vue sur l’issue de l’offre à 16,2 milliards de dollars de LVMH. Au niveau de l’activité, le premier trimestre a sans surprise été très dégradé par le confinement et la fermeture de 70 % de ses magasins : ses revenus ont chuté de 44 % à nombre de magasins comparables à 555 millions de dollars, tandis que son résultat net a basculé dans le rouge, avec une perte de 64,6 millions de dollars, contre un profit de 125 millions il y a un an. Soit bien moins que les anticipations des analystes – 701 millions de dollars de revenus, mais ces derniers ont eu des difficultés à ajuster leurs projections, dans le contexte inédit du coronavirus.
Les perspectives sont néanmoins plus réjouissantes en Chine, qui est sorti plus tôt de confinement et où les ventes ont bondi de 90 % en mai, si bien que le groupe considère le pays comme l'axe prioritaire de croissance.
Surtout, le groupe de joaillerie a réussi un beau coup financier, avec la renégociation de ses covenants. Alors qu’ils étaient fixés à 3,5 fois l’Ebitda, il a obtenu une augmentation de cette limite d’endettement, selon le directeur financier qui a assuré que le groupe avait "assez de cash en main" et avait réduit ses dépenses pour naviguer cette période incertaine. Concernant l’offre à 135 dollars par titre faite par LVMH en fin d’année dernière, Tiffany a indiqué avoir obtenu les autorisations réglementaires du Mexique et de la Russie, et attend celles de ses plus importants marchés. "Je suis confiant que les meilleurs jours de Tiffany sont devant nous et je suis enthousiaste à l'idée de prendre part à cette aventure avec LVMH à nos côtés", a assuré le CEO, Alessandro Brogliolo.
Derrière ce discours, la situation reste tendue avec LVMH, qui a formulé son offre à l’automne dernier et cherche des arguments pour justifier une baisse du prix proposé pour Tiffany. Parmi eux, il aurait pu arguer de l’endettement excessif du groupe et notamment un potentiel bris de covenants dans les prochains mois, mais cette justification est réduite à néant par l’accord trouvé avec les créanciers.
L’acquisition de Tiffany est une opération stratégique et non financière pour LVMH, si bien qu’elle ne dépend pas de l’obtention du financement. Le leader mondial du luxe sait qu’il n’a pas vraiment de moyens juridiques pour sortir de cette opération ; il pourrait seulement tenter une action en justice et faire valoir la grande dégradation des performances de Tiffany pour négocier une baisse de prix. Un bras de fer à l’issue bien incertaine, mais les marchés ne semblent pas convaincus que le deal se finalise dans les conditions actuelles : mardi, l’action Tiffany cotait à 124 dollars, soit 8 % en dessous de l’offre initiale de LVMH.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

