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Fusions, Acquisitions / Capgemini / Altran / OPA / conseil / Innovation

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Capgemini-Altran : ensemble, plus forts

Le groupe de Paul Hermelin a créé la surprise en lançant une OPA amicale à 5 milliards d’euros sur son compatriote Altran, afin de créer un leader dans le conseil en innovation technologique. Une opération audacieuse mais bien sécurisée, qui permet de faire émerger un fleuron français.
Dominique Cerutti - Altran
Dominique Cerutti - Altran

Si les groupes français ont plutôt favorisé les transactions de conquête à l’étranger – et notamment aux États-Unis – tandis que les Américains se sont focalisés sur des acquisitions domestiques au premier semestre, selon l’analyse de Lazard, voilà un deal qui prend le contre-pied. Hier après-Bourse, le groupe de services informatiques Capgemini a annoncé à la surprise générale une OPA amicale sur Altran, spécialisé dans le conseil en ingénierie et innovation technologique. Il a ainsi proposé un prix de 14 euros par action en numéraire, soit une prime de 30 % par rapport à la moyenne du cours de la cible sur un mois et un prix total de 3,6 milliards d’euros, auxquels s’ajoute la dette financière nette à 1,4 milliard d’euros.

En intégrant un pure player qui a généré un peu moins de 3 milliards d’euros de revenus l’an passé – contre 13 milliards pour Capgemini -, l’objectif est de créer un "leader mondial de la transformation digitale des entreprises industrielles et de technologie". Un segment particulièrement porteur : dans le conseil en ingénierie et R & D où le nouveau groupe deviendra un leader en Europe et aux États-Unis, la croissance est projetée à 9 % dans les prochaines années, expliquent les protagonistes.

Capgemini, qui a débauché Nathalie Kosciusko-Morizet désormais en charge de la cyber-sécurité à New York, fait donc ici un pari à la fois audacieux mais plutôt sécurisé, dans la mesure où les deux entreprises françaises de conseil se connaissent bien et ont les mêmes modes opératoires. Ce qui a même poussé Dominique Cerruti, le PDG d’Altran, à qualifier Capgemini de "partenaire idéal" dans la consolidation en marche de ce secteur. De son côté, Paul Hermelin fait valoir ce rapprochement comme une façon de permettre à ses clients "de tirer tous les bénéfices du déploiement du cloud, de l’IoT, de l’Edge computing, de l’intelligence artificielle et de la 5G". Au plan réglementaire, le patron s’est montré confiant, jugeant ne pas avoir besoin de vendre des actifs pour obtenir le feu vert des autorités de la concurrence.

Au plan financier, les choses sont aussi bien en place. Capgemini a déjà sécurisé le financement avec un prêt relais de 5,4 milliards d’euros, soit le prix des actions et de la dette brute, qu’il compte refinancer avec son milliard d’euros de trésorerie disponible, ainsi que via des émissions obligataires. Les deux groupes ont chiffré les synergies de coûts et de modèles opérationnels entre 70 et 100 millions d’euros annuels, qui seront atteintes d’ici trois ans. En y ajoutant les synergies commerciales, ils attendent un chiffre d’affaires additionnel compris entre 200 et 350 millions d’euros, un objectif ambitieux. Dans ce cas de figure, l’opération serait donc relutive de plus de 15 % sur le résultat net par action dès la première année du mariage, et même plus de 25 % après entrée en vigueur de toutes les synergies en 2023.

Du côté des protagonistes, l’opération est bien enclenchée puisqu’elle a déjà entériné par les deux boards, et Capgemini a obtenu le bloc de 11 % appartenant à Apax Partners. De bon augure pour l’accueil du deal de la part des autres actionnaires, et du marché ce mardi matin.

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