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Feuilleton de l'été / AMF / Innovation / Blockchain / Régulation

Feuilleton de l'été
AMF / Innovation / Blockchain / Régulation

Domitille Dessertine, AMF : réconcilier innovation, blockchain et régulation financière

La jeune directrice de la division fintech, innovation et compétitivité à l’AMF a très tôt baigné dans l’univers de la régulation à l’IOSCO, où elle a travaillé sur des enjeux cruciaux, juste après la crise. Elle supervise aujourd’hui un domaine nouveau et mouvant, là où la blockchain challenge le régulateur au quotidien.
Domitille Dessertine, AMF
Domitille Dessertine, AMF

Domitille Dessertine sait de qui tenir. La fille de Philippe Dessertine le reconnaît d’emblée, grandir avec un père économiste renommé et passionné a influencé son parcours. "J’ai baigné dans un environnement financier, mais j’ai aussi été passionnée par les relations internationales pendant mes études", se souvient-elle. Elle entre ainsi à Sciences-Po, où elle choisit le master d’affaires internationales, qui lui permet de garder à la fois une formation généraliste, et d’assouvir une curiosité intellectuelle pour les sujets les plus variés. Elle effectue alors un stage à l’IOSCO (International Organization of Securities Commissions) à Madrid, soit l’équivalent du comité de Bâle pour les marchés financiers, et décide d’y commencer sa carrière.

Nous sommes alors en 2009-2010, soit une période charnière pour la régulation financière internationale. "Intégrer l’IOSCO au lendemain de la crise a été particulièrement enrichissant car il y avait une forte volonté de trouver des solutions communes, d’élaborer des recommandations et des standards internationaux", relate Domitille Dessertine, qui se rappelle encore des manifestations dans la capitale espagnole. La jeune femme assiste le secrétaire général adjoint, Taginder Singh, dans l’organisation des conseils d’administration, la préparation des discussions, mais aussi en direct avec le management des régulateurs nationaux sur des sujets comme les institutions systémiques, le shadow banking etc.

Elle se spécialise ensuite sur l’encadrement des fonds monétaires, dont elle fera l’objet de sa thèse, et se lance dans un cycle de négociations, puis de recommandations sur ce sujet complexe et à hauts enjeux, avec Natasha Cazenave, l’actuelle secrétaire générale adjointe de l’AMF. Une collaboration qui portera ses fruits. "Après un travail intense et fructueux avec Natasha Cazenave, elle m’a proposé de rejoindre l’AMF pour poursuivre les négociations sur ce sujet au niveau européen", raconte-t-elle.

D’une institution internationale de seulement 35 personnes, elle passe donc au sein du régulateur français et ses 470 collaborateurs. Et en juin 2016, elle rejoint Franck Guiader lors de la création d’une nouvelle équipe dédiée à l’innovation et aux fintech, dont elle reprend le flambeau lors du départ de ce dernier, en mars 2018. Le domaine est très vaste, mais ses trois grandes missions sont de rencontrer et accompagner tous les acteurs qui ont des projets fintech (soit plus de 500 en deux ans et demi), identifier les innovations et leur impact sur les marchés, et enfin faire évoluer la réglementation en France, mais aussi au niveau européen.

"Nous sommes dans une période très stimulante actuellement, avec de grandes tendances de fond à l’instar de la Blockchain qui sont susceptibles d’impacter en profondeur la manière dont fonctionnent les marchés financiers. Beaucoup de choses restent à faire", s’enthousiasme la jeune femme de 30 ans. L’AMF a rencontré plus de 80 projets d’ICO et travaillé sur la consultation des offres de jetons, et a désormais l’option d’agréer ces acteurs et leurs actifs numériques, depuis la loi Pacte. Mais l’idée n’est pas seulement de réguler et contraindre. "Nous avons également une mission de compétitivité, c’est-à-dire d’élaborer des solutions proportionnées dès lors que cela ne menace pas la protection de nos investisseurs ou la sécurité de notre système financier. C’est un savant jeu d’équilibriste", conclut-elle. Rester un terrain de jeu attractif pour l’innovation dans un pays qui n’hésite pas à taper du poing sur la table contre les GAFA, voilà l’enjeu qui attend la dynamique membre des Millenials, qui comprend mieux que quiconque les nouvelles attentes.

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