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Les assureurs européens se prêtent volontier au jeu de la blockchain

S&P Global Market Intelligence a publié une étude sur la place de la blockchain dans le monde de l’assurance traditionnelle. Les analystes saluent les assureurs européens qui ouvrent collectivement la voie à cette technologie de pointe, bien plus que leurs homologues américains.
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L’agence S&P Global Market Intelligence a réalisé une étude sur l’utilisation de la blockchain par les assureurs mondiaux et les résultats ont été publiés le 20 août dernier. Pour mesurer la place qu’occupe aujourd’hui cette technologie de pointe dans cette branche d’activité, l’auteur du rapport, Thomas Mason, utilise le nombre de conférences téléphoniques réalisées entre les assureurs et des analystes spécialisés sur le sujet, "car elles indiquent que les dirigeants y réfléchissent". Alors que les Etats-Unis enregistrent bien plus de sociétés d’assurance que l’Europe, 50% des assureurs qui communiquent publiquement sur leur projet viennent du Vieux Continent. Les Américains adoptent davantage une position de "veille et d’observation" sur la blockchain. Au contraire, les Européens ont commencé à appliquer cette technologie qui permet de construire des systèmes de transaction plus sécurisés et plus efficaces.

Parmi eux, AXA, qui a annoncé en septembre dernier s’être lancé dans la technologie blockchain grâce à sa plateforme Fizzy, spécialisée sur les retards d’avions. Lorsque l’usager s’assure contre un retard, la transaction est immédiatement enregistrée sur la blockchain Ethereum. Un smart contact "connecté aux bases de données du trafic aérien mondial, et dès lors qu’un retard de plus de deux heures est constaté, l’indemnisation se déclenche automatiquement", peut-on lire dans un communiqué du groupe. À la mi-juin 2018, AXA a étendu l'application à 5% des liaisons mondiales.

En Allemagne, la filiale du groupe Allianz, Allianz Risk Transfer s’est associée à EY - un conseiller blockchain - et l’agence numérique Ginetta pour créer un prototype de blockchain dans les programmes d’auto-assurance dites "captives". Lorsque les multinationales préfèrent s’assurer elles-mêmes, la technologie blockchain permet de relier automatiquement et de manière ultra sécurisée, toutes les parties impliquées, c’est-à-dire la direction, les succursales et l’assureur. Et l’Europe abrite aussi B3i, un consortium fondé par 15 grands assureurs qui travaillent sur la réassurance des biens immobiliers basée sur la blockchain. Parmi ses membres, les Français Covéa et Scor.

Mais si les Européens ont une longueur d’avance sur les assureurs américains, c’est Ping An, le géant chinois de l’assurance qui enregistre le plus grand nombre de téléconférences avec des analystes spécialisés sur le sujet. Parmi ses avancées phares en la matière, la création d’une plate-forme destinée aux PME pour leur fournir un accès privilégié aux dernières technologies de pointe. "La plate-forme Ping An Blockchain prend en charge diverses applications, notamment les transactions d'actifs interbancaires, la compensation interbancaire et la gestion des enregistrements de sinistres".

Si les initiatives européennes et chinoises s’avéraient rapidement fructueuses, alors les Etats-Unis "plongeraient plus profondément dans les eaux de la blockchain". L’étude conclut toutefois qu’il est fort probable que les Américains aient décidé de rester secrets sur les projets mais qu’ils soient déjà bien avancés. S&P a déclaré avoir contacté directement 20 des plus grands groupes d’assurance aux États-Unis, mais n’a reçu que "quelques réponses".

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