Quelles relations entre la blockchain et l’écologie ?
Les questions environnementales liées aux cryptomonnaies font partie des plus controversées lorsque l’on évoque le système de la blockchain. Et pour cause, le processus par lequel les ordinateurs s’assurent du bon fonctionnement des transactions en devises électroniques – communément appelé le mining – est extrêmement énergivore.
Hier, le site spécialisé en cryptomonnaies, le digiconomist, estimait que le mining mobilise au minimum 57,9 milliards de kilowatts-heure par an. C’est l’équivalent de la production annuelle de quatre centrales nucléaires françaises. C’est la consommation d’électricité annuelle de la Hongrie peuplée par près de 10 millions d’habitants. Mais encore, la transaction d’une seule unité de bitcoin consomme en moyenne 100 kilowatts-heures, c’est-à-dire l’équivalent d’une ampoule classique allumée pendant 90 jours. Car pour que ces transactions puissent avoir lieu de manière sécurisée – l’un des avantages majeurs de ces échanges – d’innombrables ordinateurs et autres systèmes informatiques basés sur un algorithme complexe doivent fonctionner en continu. Cette monnaie numérique qui, selon les mots de ses créateurs, "visait à éliminer le besoin de confiance d’un tiers dans les transactions financières", est souvent entendue comme une aberration écologique.
Toutefois, la blockchain ne se résume pas à l’échange de bitcoins. Et si cette partie du processus a un impact néfaste sur le changement climatique, d’autres outils de la blockchain permettraient à l’inverse d’engager des process innovants pour l’économie verte. Hier et aujourd’hui se sont réunis à l’OCDE des grands patrons, des scientifiques et des chercheurs pour échanger précisément sur ce sujet. Parmi les nombreuses thématiques abordées, celle des "dimensions environnementales de la Blockchain " a permis d’évoquer de nombreuses avancées en la matière. Preuve que l’économie numérique peut aider à la cause environnementale. Certes, l’impact déplorable du bitcoin sur l’écologie n’a pas été mentionné. Mais peut-être parce que les progrès que la blockchain – prise dans son ensemble – promet, vont bien au-delà.
Les intervenants n’ont cessé d’énumérer les exemples de réussite écologique mais plus largement de développement durable – ou sustainability - grâce à l’utilisation de la blockchain, cette technologie de stockage titanesque. Par exemple, comme l’a mentionné le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría dans son discours d’ouverture, " les pays examinent actuellement comment la blockchain peut améliorer la transparence, la responsabilité et l’efficacité des services publics ". Pour rappel, au mois de novembre prochain, la Virginie-Occidentale deviendra le premier Etat américain à utiliser une application mobile recourant à la blockchain pour sécuriser le vote des primaires.
Parmi les exemples concrets qui lient cette nouvelle technologie à l’écologie, l’entreprise Empower a construit un processus blockchain de recyclage des déchets plastiques. L’idée : les échanger contre des jetons, qui à leur tour peuvent être échangés contre de l’argent. Les jetons – une sorte de monnaie virtuelle - peuvent aussi être utilisés pour financer le ramassage de déchets plastiques dans une autre partie du monde. C’est le système dit sécurisé de la blockchain qui assure à son propriétaire qu’ils seront utilisés à bon escient. L’un des autres avantages revendiqués par son créateur, Wilhelm Myrer, est celui d’augmenter le revenu des ramasseurs de déchets dans les pays les plus pauvres.
La blockchain est aussi l’occasion pour Starbucks de redorer son blason à la sirène, puisque la marque a récemment entamé un projet – à grand coup de communication - pour autonomiser financièrement les agriculteurs ruraux, producteurs de café. Le grain de café deviendrait alors une nouvelle unité d’échange numérique ? Parallèlement, Coca-Cola a confirmé cette semaine qu’il pilotait l’utilisation de cette technologie pour empêcher le travail forcé dans sa chaîne d’approvisionnement en canne à sucre. Et ce, grâce à l’information sécurisée en continu.
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