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BNP Paribas AM fête les dix ans de son ETF low carbon
Il y a dix ans, en pleine crise financière, BNP Paribas AM lançait un ETF à bas carbone, le premier de son genre, basé sur l’indice de référence proposé par Euronext, le Low Carbon 100 Europe, créé quelques mois plus tôt. Un pari risqué, au moment où la finance essayait surtout de se remettre du terrible effondrement du secteur et alors que l’investissement responsable était encore loin des préoccupations des investisseurs. Le sujet de l’ESG est pourtant devenu l’un des critères de sélection majeurs des investisseurs particuliers et institutionnels, notamment depuis la COP 21, où la finance s’est largement engagée à participer à la transition écologique. En France, l’article 173 de la loi sur la transition énergétique qui contraint les institutionnels à publier leur empreinte carbone a également contribué à mettre l’ESG au centre des préoccupations.
Dans ce contexte porteur, les encours de l’ETF BNP Paribas Easy Low Carbon 100 Europe ont été multipliés par 2,5 depuis un an, pour atteindre à fin octobre 377 millions d’euros, contre autour de 100 millions en 2015 et 2016. Et sur dix ans, la performance du tracker a représenté 129 %, soit 18 % de plus que l’indice MSCI Europe.
Comment traduire de manière concrète la question de l’impact climat dans un portefeuille ? D’une part en excluant de l'indice de référence les entreprises liées à l’industrie de l’armement et du tabac ; sachant qu’à partir de décembre prochain, les entreprises liées aux énergies fossiles seront également exclues du Low Carbon 100 Europe, comme l’a annoncé Euronext en juin dernier. Mais la démarche n’est pas uniquement exclusive, note Denis Panel, responsable du pôle de gestion MAQS de BNPPAM. De manière générale, l’indice Low Carbon 100 Europe est également construit sur une approche "bottom up", les entreprises pouvant avoir une politique ESG très différente au sein d’un même secteur.
Les valeurs sélectionnées pour la construction de l’indice sont ainsi choisies en fonction de leur bilan carbone dans l’ensemble des scopes 1,2 et 3 (NDLR. les émissions de scope 1 correspondent aux émissions directes réalisées par l’entreprise, c’est-à-dire à l’énergie utilisée pour les activités propres de l’entreprise, les émissions de scope 2 à celles qui ne sont pas forcément émises sur le site de production de la société et celles de scope 3 correspondant à toutes les autres). "Il n’est pas possible d’apprécier l’impact climat d’une entreprise uniquement sous l’angle scope 1. Il est important d’utiliser l’ensemble des scopes", explique Alain Grandjean, associé fondateur de Carbone 4. Ainsi dans le cas de Total, les émissions directes de scope 1 sont de 50 millions de tonnes de CO2 mais les émissions de scope 3 atteignent plus de 400 millions de tonnes.
Autre critère retenu pour sélectionner les 100 valeurs "vertueuses" de l’indice, la contribution positive des entreprises à la lutte contre le changement climatique. Enfin, les experts chargés de superviser la composition et l’évolution de l’indice prennent également en compte les déclarations des entreprises, un critère plus qualitatif et qui demande également de communiquer directement sur le sujet avec les responsables des sociétés pour vérifier l’honnêteté de leur démarche.
Ce fonds indiciel, qui depuis sa création a représenté une réduction d'environ 40 % d'émissions de gaz à effet de serre par rapport à son univers de sélection, est donc un bon exemple de l'engagement grandissant du secteur financier en faveur de la transition énergétique. "Pour que l'économie se décarbonise, nous avons besoin que la finance soit au rendez-vous, et que les pouvoirs publics mettent également en place des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique, même si elles sont difficiles à faire accepter", conclut Alain Grandjean.
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