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La voie sans issue du tout-nucléaire

Aura-t-il fallu attendre le départ surprise de Nicolas Hulot pour entendre enfin parler des initiatives publiques pour la lutte contre le réchauffement climatique ? Au contraire de l’Amérique et en accord avec l'opinion des Français, la France multiplie les projets.
Centrale nucléaire
Centrale nucléaire

Alors que l’Homme commence enfin à prendre conscience des risques que le changement climatique fait peser sur sa propre survie, Donald Trump a une toute autre intuition. Après s’être retiré de l’Accord de Paris sur le Climat l’an dernier, avoir désengagé les États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran au début de l'été, il vient de se retirer de celui sur la réduction des armes nucléaires de portée intermédiaire avec la Russie – signé par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en 1987. Des idées qui semblent bien heureusement ne pas atteindre l’Hexagone, puisque c’est la même semaine que le gouvernement français s’est lui montré particulièrement concerné sur le sujet nucléaire et climatique.

Les parlementaires ont voté hier deux amendements "nucléaires" en commission des finances de l'Assemblée. Le premier, et selon la rapporteure spéciale Amélie de Montchalin, vise à joindre au PLF 2019 une annexe précisant "l’ensemble des dotations budgétaires affectées à la politique de sécurité et de sûreté nucléaire". L’objectif : accroître "la lisibilité d’ensemble des moyens accordés à cette politique". Le second vise cette fois "un comparatif financier des pistes de gestion des déchets radioactifs de long terme" - transmutation, stockage et entreposage.

En outre, IFP Energies nouvelles (IFPEN) - un acteur majeur de la recherche et de l’innovation dans les nouvelles énergies - dont la dotation budgétaire est en "baisse constante et significative depuis douze ans", s’est vu doter d'une enveloppe supplémentaire de 10 millions euros dans le cadre du PLF 2019. L’Assemblée a aussi adopté l’extension du dispositif de l’actuelle prime à la conversion, à "l’acquisition d’un vélo, d’un vélo à assistance électrique, ou encore d’une trottinette (électrique ou non)". Et les constructeurs automobiles sont prêts à ajouter "une prime supplémentaire" à la prime à la conversion versée pour l'achat d'une voiture plus propre, a indiqué lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, après les avoir reçus à Bercy.

C'est aussi hier que Bruno Le Maire et Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, signaient le contrat stratégique de la filière des industries de la mer. D’après le communiqué du gouvernement, il concerne "l’industrie navale, les énergies marines renouvelables, les industries et services nautiques, et offshore". "Trois grands projets R&D ont d’ores et déjà été identifiés : le navire autonome, la propulsion propre et décarbonée, les nouveaux matériaux".

En conclusion les efforts sont là, bien qu’ils soient toujours insuffisants au regard de l’urgence à changer notre mix énergétique. Car les énergies renouvelables, en progression dans l’Hexagone, restent dérisoires. Dans son nouveau Paquet Énergie-Climat 2030, l’Union européenne a décidé d’atteindre une part à 27%. La France a quant à elle inscrit dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, l’objectif de porter la part des énergies renouvelables dans la consommation brute à 32% d’ici 2030. Le chemin à parcourir est encore long, puisque d’après le dernier rapport du gouvernement sur le sujet, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de la France métropolitaine a progressé d’environ 5 points sur les dix dernières années, passant de 5,9% en 2006 à 10,9% en 2016. Et elles n’arrivent qu’en quatrième place des sources d’énergie primaire, loin derrière le nucléaire – qui en représente près de la moitié (41,2%) – les produits pétroliers (28,3%) et le gaz (15,5%).

Si le gouvernement s’active, c’est aussi parce que l’opinion publique s’est totalement retournée en cinq ans. D’après un récent sondage Odoxa pour Challenges, alors que plus de deux tiers d’entre eux (67%) étaient encore favorables à l’énergie nucléaire il y a cinq ans, ils sont désormais 53% à se déclarer "opposés" à l’exploitation de l’uranium. "Cela consacre une chute de 20 points des ‘pro-nucléaire’ et une progression inverse de 21 points des 'anti-nucléaire'. Sur des sujets sociétaux, de telles évolutions sont tout à fait exceptionnelles", peut-on lire dans le rapport de l’enquête. Mais si le coût de l’énergie n’est plus une priorité face à l’urgence de la lutte contre le réchauffement climatique, ils sont 71% à préférer attendre la fin de vie des centrales. Une solution bien moins onéreuse que son alternative : celle de couper court immédiatement au nucléaire.

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