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EDF / Jean-Bernard Lévy / nucléaire
EDF prépare la réorganisation de son activité nucléaire
Jean-Bernard Lévy ne perd pas une minute. À peine renouvelé à la tête d'EDF, il place déjà ses pions pour le coup d'après. L'énergéticien français a annoncé lundi deux nominations. Celle de Marc Benayoun, qui devient directeur exécutif en charge du pôle clients, services et action régionale, tout en conservant la responsabilité du pôle gaz et Italie. Et celle de Cédric Lewandowski, promu directeur exécutif du parc nucléaire et thermique d'EDF. Il succède à Philippe Sasseigne qui va partir à la retraite et qui avait assuré l'intérim à ce poste à la suite du départ de Dominique Minière il y a quelques mois.
Cette promotion de Cédric Lewandowski a de quoi surprendre. Certes, il a fait une grande partie de sa carrière à EDF où il a notamment été directeur de la présidence sous l'ère de François Roussely avant de devenir il y a deux ans directeur exécutif de la branche innovation, stratégie et programmation. Mais - fait rare à la tête du parc nucléaire - il n'a pas un profil d'ingénieur. Cédric Lewandowski est en revanche diplômé de Science Po et détient un DEA de géopolitique. Surtout, entre deux périodes à EDF, il s'est fait une place dans le paysage politique en dirigeant de 2012 à 2017 le cabinet de Jean-Yves Le Drian alors ministre de la Défense.
C'est ce profil qui lui permet d'être propulsé à la tête du parc nucléaire. Il n'y est pas attendu pour régler les problèmes techniques - même si avec une quinzaine de réacteurs à l'arrêt sur 58 il y en a - mais pour gérer l'épineuse et politique question de la séparation des activités nucléaires d'EDF. Depuis plusieurs semaines, les débats ont fait apparaître clairement l'incongruité de la situation de l'énergéticien, obligé de vendre une partie de sa production à un tarif régulé aux fournisseurs alternatifs d'électricité. À 35 euros le KW/H, EDF vend à pertes en hiver et n'est bénéficiaire qu'en été, lorsque la demande est moindre… Situation intenable. D'où l'idée de renationaliser les activités nucléaires d'EDF et de réorganiser le groupe en séparant les activités commerciales des activités de production.
Homme de réseaux, connaisseur des enjeux de pouvoir, par ailleurs vice-président du Conseil mondial de l'énergie, Cédric Lewandowski semble cocher les cases pour cette délicate mission. D'autant que c'est lui qui a piloté l'an dernier la rédaction de la position d'EDF concernant la feuille de route énergétique française dans le cadre du programme pluriannuel de l'énergie. Jean-Bernard Lévy continue ainsi de resserrer les liens avec le quai d'Orsay. En septembre 2017, le conseil d'administration d'EDF avait déjà coopté le diplomate Maurice Gourdault-Montagne, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, comme administrateur. À quelques jours d'un potentiel remaniement du Gouvernement, EDF semble miser sur Jean-Yves Le Drian comme probable Premier ministre.
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