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EDF / nucléaire / centrale / Jean-Bernard Lévy

Course contre la montre pour EDF avant l'hiver

EDF a débuté la remise en route progressive de ses réacteurs nucléaires à l'arrêt afin de faire face au pic de consommation attendu cet hiver. Une solution temporaire qui n'occulte pas le gigantesque chantier de maintenance de ses centrales auquel le groupe doit faire face.
EDF s'est engagé à redémarrer tous ses réacteurs à l'arrêt pour cet hiver - Laurent GRANDGUILLOT/REA
EDF s'est engagé à redémarrer tous ses réacteurs à l'arrêt pour cet hiver - Laurent GRANDGUILLOT/REA

La France devrait pouvoir compter sur l’intégralité de son parc nucléaire cet hiver. Alors que plus de la moitié des capacités nucléaires de l’opérateur historique est depuis plusieurs mois à l'arrêt en raison de problèmes de corrosion dite "sous contrainte" et de maintenances programmées, "EDF s'est engagé à redémarrer tous les réacteurs cet hiver", a annoncé vendredi Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, à la sortie du Conseil de défense consacré à l’énergie convoqué par le président de la République.

En pleine inquiétude sur le risque de panne d’électricité, et alors que les prix de gros de l’électricité évoluent à des prix stratosphériques depuis de longues semaines, signe de la grande fébrilité qui agite les marchés sur cette question, cette promesse a le mérite d’isoler la composante irrationnelle de la peur qui entoure le sujet. Si EDF peut effectivement disposer de tous ses réacteurs pendant la saison de chauffage, le risque de déficit de production d'électricité lors des pics de consommation de cet hiver ne sera sans doute pas réduit à néant mais significativement amoindri. "Nous suivons la situation au plus près avec des points hebdomadaires et nous sommes particulièrement vigilants à ce que ce calendrier soit tenu", a en tout cas insisté la ministre. Une supervision et un suivi gouvernemental attentif d’ailleurs d’autant plus normal que l’Etat s’apprête procéder d’ici quelques semaines à la renationalisation complète de l’opérateur.

Si le calendrier est bien respecté, les remises en routes vont s’enchaîner à un rythme soutenu. Trois réacteurs ont recommencé à fonctionner ce week-end : il s’agit de Blayais 3, Cruas 4, et Gravelines 4. Un autre a redémarré ce lundi (Gravelines 2). A ce jour, 26 réacteurs sont à l’arrêt, mais sept autres vont être remis en marche ce mois-ci, puis un par semaine en octobre. Les remises en route seront tout aussi soutenues en novembre, décembre et janvier et s’étaleront jusqu’en février (Blayais 1 le 1er février puis Golfech 1 le 18 février).

Qu’EDF parvienne – comme on peut l’espérer - à éviter le "black-out" ne signifiera pas cependant que tout va bien dans le meilleur des mondes. Les remises en marche auxquelles le groupe a commencé à procéder visent simplement à passer le cap de l’hiver. L’enjeu de la maintenance du parc demeure un défi face à un programme de travaux du particulièrement chargé du fait notamment des fameux problèmes de corrosion découverts en fin d’année dernière.

Pour l’instant, 12 réacteurs nucléaires sur 56 sont concernés par ces problèmes se situant au niveau des soudure des coudes des tuyauteries d'injection de sécurité (RIS) - qui permettent de refroidir le réacteur en cas d'accident - reliées au circuit primaire. Cette corrosion dite "sous contrainte" se traduit par des petites fissures. Le programme élaboré par EDF pour circonscrire le problème et validé fin juillet par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) prévoit de contrôler l’ensemble des réacteurs d’ici 2025. "Nous avons obtenu l’accord de l’ASN sur le principe des solutions qu’il va falloir mettre en œuvre", a d’ailleurs rappelé la semaine dernière Jean-Bernard Lévy, lors des Rencontres des entrepreneurs de France (REF) organisées par le Medef.

Face à ces nombreux chantiers encore à venir pour traiter ce problème de corrosion inattendu, le dirigeant en a profité pour souligner que le problème d’EDF n’était pas celui de l’expertise. "Nous avons les experts [...]. Ce qui nous manque ce sont les bras parce que l’on nous a dit qu’il fallait nous préparer à fermer des centrales", a pointé Jean-Bernard Lévy. Une vision erronée de sortie progressive du nucléaire qui a poussé l'Etat à opérer un virage à 180 degrés de sa doctrine énergétique. Son plan de relance du nucléaire annoncé en début d’année prévoit le lancement de six voire quatorze réacteurs nucléaires EPR de nouvelle génération d’ici 2050.

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