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OCDE croissance Allemagne prévisions ralentissement

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Allemagne : l'OCDE dresse un sombre tableau

L'organisation, qui a présenté ses prévisions de croissance révisées pour 2019 et 2020, a sensiblement abaissé celles de la zone euro, et en particulier de l'Allemagne, dont le PIB ne devrait pas dépasser les 0,7 % cette année. C'est 0,6 point de moins que la France.
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

L'OCDE a dressé un tableau assez noir de la conjoncture en zone euro pour cette année, lors de la présentation de ses prévisions révisées ce matin. Le château de la Muette a ainsi abaissé de 0,8 point de pourcentage son chiffre de croissance pour la zone euro en 2019 (à 1 %) par rapport à ses dernières estimations de novembre, avec une révision particulièrement marquée du PIB allemand et du PIB italien. Selon l'OCDE, la croissance outre-Rhin ne devrait pas dépasser les 0,7 % cette année (soit 0,9 point de moins que ce qu'elle avait initialement prévu), tandis que l'Italie devrait afficher un recul de 0,2 %.

La France, dont l'OCDE a également revu son chiffre à la baisse (de 0,3 point) devrait pour une fois dépasser sa grande rivale économique allemande, avec une croissance prévue à hauteur de 1,3 %. Une prévision identique à celle établie par la Commission européenne début février, mais bien plus pessimiste que celle du gouvernement, qui table toujours sur une progression de 1,7 % en 2019, et que celle de la Banque de France et du FMI, qui prévoient de leur côté 1,5 %.

Principal facteur de ce ralentissement allemand beaucoup plus fort que prévu : la baisse du commerce mondial, auquel les germaniques sont plus exposés. "La croissance a été revue très fortement en baisse en Allemagne et en Italie, reflétant des expositions relativement élevées au ralentissement du commerce mondial comparées à celle de la France", justifie le document publié par l'Organisation de coopération et de développement économiques. Sachant que l'OCDE prévoit que l'économie française continuera de surperformer celle de l'Allemagne l'an prochain, avec une progression du PIB allemand de 1,1 %, contre 1,3 % pour la France.

Il est vrai que les derniers indicateurs allemands sont assez mauvais ; la production industrielle a encore reculé en décembre, en raison d'une forte baisse de la construction. Le seul signe encourageant est le rebond du secteur automobile (+7 %). Mais, a averti l'OCDE, en cas de regain de protectionnisme de la part des États-Unis cette année et d'une hausse des tarifs douaniers sur le secteur automobile, l'Allemagne serait particulièrement impactée. Les indicateurs avancés allemands ont également surpris à la baisse depuis janvier, et justifient donc pour l'instant la forte révision de la croissance du pays par l'OCDE pour 2019 : Destatis a ainsi comptabilisé une chute des commandes en provenance des pays hors de la zone euro, en particulier pour les biens d'équipement (-7,5 %). "Dans ce contexte, la détérioration de l'indice IFO du climat des affaires n'a pas surpris", explique Raymond Van Der Putten, économiste chez BNP Paribas dans une note.

Quels sont les principaux risques pour le scénario de croissance prévu par l'OCDE, outre celui de regain des tensions commerciales entre les USA et la Chine et les USA et l'Europe ? Le ralentissement de l'économie chinoise tout d'abord, malgré les mesures de relance annoncées par les autorités du pays. L'OCDE n'est pas certaine qu'elles auront l'impact voulu, quand dans le même temps, l'endettement du pays continuera de progresser. "La Chine a contribué de manière significative à la croissance mondiale au cours des deux dernières décennies, de sorte que toute décélération plus forte que prévu se répercuterait sur le reste du monde. Les pays d'Asie de l'Est, les exportateurs de produits de base et le Japon seraient particulièrement touchés par un fort ralentissement de la croissance de la demande chinoise", explique l'économiste en chef Laurence Boone sur le blog de l'institution.

Ensuite, un ralentissement plus fort que prévu en Allemagne, en Italie ou en Grande-Bretagne aurait par contagion un impact négatif sur l'ensemble de la zone euro, tant les économies des 27 sont imbriquées. Dernier facteur de risque pour cette année, de nombreuses dégradations ou défauts de paiement de la part des corporates, en raison d'un environnement économique plus dégradé et d'un niveau d'endettement mondial élevé. L'OCDE cite notamment le fort endettement des corporates chinois, qui seront justement confrontés à des remboursements très importants ces trois prochaines années.

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