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Rémy Cointreau / Résultats / résultats annuels / cognac
Le cognac et les États-Unis n’arrangent toujours pas Rémy Cointreau / Mais pas de déception à la Bourse de Paris
Pas de surprise. Rémy Cointreau a révélé jeudi, avant l’ouverture de la Bourse de Paris, les résultats annuels de son exercice décalé 2023-2024. Une publication qui vient s’aligner sur la tendance décrite lors du point d’étape semestriel du spécialiste des spiritueux : celle d’une activité de cognac faisant face à des difficultés, en raison de la baisse significative des ventes dans la région Amériques.
Et tout particulièrement aux États-Unis, alors que l’environnement y est défavorable, que la consommation se normalise et que l’activité promotionnelle est soutenue de la part du marché. Un contexte au sein duquel le groupe continue de faire face à une détérioration des ventes des grossistes vers les détaillants, tout en poursuivant ses efforts de déstockage et en maintenant une politique de prix ferme.
La division de cognac de Rémy Cointreau représente, au titre de l’exercice 2023-2024, 65,2 % de son chiffre d’affaires et 87,3 % de son résultat opérationnel courant (ROC). Conséquence : comme annoncé en avril, les revenus du groupe ont reculé de 19,2 % sur un an en organique, à 1,19 milliard d’euros. Il faut dire que sur la seule activité de cognac, la baisse s’affiche à 25,1 % : elle intègre une contraction des volumes de 29,7 %.
Un plan d’économie respecté
La marge brute du groupe s’est quant à elle maintenue à 71,2 %. Il s’agit d’un recul d’1,3 point organique mais d’une progression de 4 points par rapport à l’exercice 2019-2020. Du côté du ROC, il a atterri à 304,4 millions d’euros, reflet d’un repli organique de près de 28 %, qui a toutefois été amorti par "la mise en œuvre d’un plan d’économie de 145 millions d’euros sur l’exercice au lieu des 100 millions d’euros prévu et intégrant des investissements en marketing et communication stables à 21,4 % du chiffre d’affaires, et des frais de holding en baisse de 6 millions d’euros", souligne le bureau d’études TP Icap Midcap.
Les deux divisions de Rémy Cointreau n’ont pas été soumises aux mêmes tendances sur ce plan. Si elles affichent toutes les deux un recul de leur chiffre d’affaires, le ROC du cognac a fléchi de 33 %, sous l’effet de la baisse des volumes, d’une augmentation des coûts de production et de la stabilité des dépenses en marketing et communication. La marge correspondante s’établit en léger recul, à 34,1 %. S’agissant des liqueurs et spiritueux, le chiffre d’affaires a reculé dans une moindre mesure, à hauteur de 4,6 %. Son ROC ressort en hausse de 18 %, pour marge opérationnelle courante de 14,6 % (contre 11,5 % l’an passé) sous l’effet d’une hausse des prix en avril et d’une gestion des coûts de structure.
En tout et pour tout, la marge opérationnelle courante du groupe a reculé de 3 points, à 25,5 %, bien qu’en progression par rapport à l’exercice de référence que constitue celui de 2019-2020.
Pas de déception
Reste qu’à la Bourse de Paris, la publication a été bien accueillie. Le titre Rémy Cointreau grimpait de plus de 5,5 % à l’ouverture de la séance, avant de continuer à évoluer en territoire positif. De fait, les résultats du groupe ne constituent pas une déception pour les opérateurs de marché, dans la mesure où les difficultés de Rémy Cointreau aux États-Unis étaient déjà connues. S’agissant des prévisions annuelles, elles ont été respectées et le repli du ROC a été plus limité que ce à quoi s’attendait le consensus des analystes.
Et puis la direction s’est montrée rassurante pour la suite. "Nous avons traversé une année complexe et nous avons réagi très vite en adaptant notre structure de coûts, en optimisant nos organisations et en demandant à nos équipes des efforts importants", a admis le directeur général de Rémy Cointreau, Eric Vallat. L’exercice 2024-2025 en sera un de transition, a souligné le groupe : il permettra de finaliser l’ajustement des stocks dans la région Amériques. La reprise graduelle de l’activité et la résilience de la marge brute, grâce à des hausses de prix et une inflation modérée, sont aussi prévues tandis que le strict contrôle des coûts sera poursuivi. Le rendez-vous avec la croissance sera donc pris pour 2025-2026. C’est en tout cas à cet horizon que Rémy Cointreau table sur le retour d’une croissance moyenne annuelle à chiffre, dans le haut de la fourchette et sur une amélioration organique progressive de la marge opérationnelle courante. Pour 2029-2030, pas de changement de cap : une marge brute de 72 % et une marge opérationnelle courante de 33 % sont toujours anticipées.
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