Publications, Résultats / Rémy Cointreau / Publication des résultats / Eric Vallat
Publications, Résultats
Rémy Cointreau / Publication des résultats / Eric Vallat
Rémy Cointreau aux prises avec les difficultés du marché américain / L'horizon ne devrait pas rester sombre trop longtemps pour autant
Les États-Unis ne jouent pas en la faveur de Rémy Cointreau. Le groupe de spiritueux a révélé les comptes du premier semestre de son exercice décalé 2023-2024 ce jeudi. Et les difficultés rencontrées par la société sur le marché américain auront entraîné la dégradation de plusieurs de ses indicateurs.
Son chiffre d’affaires a reculé de 22,2 %, sur un an et en données organiques, pour atterrir à 636,7 millions d’euros. Son résultat opérationnel courant s’est quant à lui déprécié de 43 % en organique, pour s’établir à près de 170 millions d’euros. Si la base de comparaison n’était pas favorable (en raison d’un résultat opérationnel courant au premier semestre de l’exercice 2022-2023 qui représentait l’équivalent de douze mois habituels de l’indicateur), la réduction des coûts de structure engagée n’aura pas permis de compenser la baisse du chiffre d’affaires. La marge opérationnelle courante a ainsi reculé de près de 10 points en organique et se fixe désormais à 26,6 %.
Plusieurs ombres au tableau
En cause, donc, un marché américain soumis à plusieurs maux : les niveaux de stock sont désormais trop importants au regard d’une normalisation significative de la consommation et l’intensité promotionnelle y ressort "sans précédent", a commenté le directeur général de Rémy Cointreau Eric Vallat. Reste également la hausse d’intérêt, contribuant à compliquer l’environnement macroéconomique et grevant la capacité de financement de ses distributeurs. La division phare de la maison, le cognac, est en ressortie particulièrement pénalisée : le chiffre d’affaires s’est contracté de 30,1 %, intégrant une baisse des volumes de près de 40 %.
Et pourtant, la publication n’a pas été froidement accueillie par les opérateurs de marché. Plutôt bien, même, puisque le titre s’affichait en hausse de plus de 7 % peu après l’ouverture de la Bourse de Paris. Certes, le titre Rémy Cointreau n’a pas été dans le vert tout au long de la séance, mais aucune variation négative importante n’aura été à signaler.
Un recul prévu et des marges de manœuvre
À cela, plusieurs explications probables : d’une part, il n’y a pas eu d’effet de surprise. Le groupe avait déjà annoncé à la fin du mois d’octobre que ses conditions de marché étaient détériorées et notamment aux États-Unis. Il avait alors abaissé ses objectifs annuels. Désormais, il est attendu que le chiffre d’affaires recule de 15 % à 20 % sur l’exercice en cours, tandis que la baisse de la marge opérationnelle devrait être maîtrisée grâce à une réduction de coûts estimée à 100 millions d’euros pour l’année 2023-2024 (avec 25 millions d'euros d'économies déjà réalisées au premier semestre). Les prévisions annuelles ont donc été reconfirmées.
D’autre part, s’il est prévu par Rémy Cointreau que la croissance des ventes aux États-Unis ne reprendra pas avant l’exercice fiscal 2024-2025, le groupe devrait voir ses performances opérationnelles reprendre des couleurs à l’avenir. "Nous continuons de penser que le gros de la baisse du chiffre d’affaires et du résultat opérationnel courant sont derrière nous. Pour le chiffre d’affaires, car le destocking continue aux États-Unis et, pour le résultat opérationnel courant, car les ajustements d’Opex (notamment sur les dépenses marketing) devraient surtout se matérialiser au second semestre de l’exercice 2023-2024", remarque en effet Oddo BHF. "Nous considérons donc que le pire est désormais derrière nous et la publication du premier semestre de l’exercice 2023-2024 et les commentaires du management nous confortent dans cette opinion", ajoute le bureau d’études. Rémy Cointreau a quant à lui indiqué être en avance sur son plan stratégique et l’assure : l’année 2023-2024 permettra au groupe d’assainir le niveau de ses stocks et d’absorber les effets de la normalisation de la consommation post-Covid, "afin d’aborder l’année 2024-2025 dans les meilleures conditions et reprendre la trajectoire qu’il s’est fixé à l’horizon 2029-2030".
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