Feuilleton de l'été / Alexandre Zaluski / Banquier / Portrait
Feuilleton de l'été
Alexandre Zaluski / Banquier / Portrait
Alexandre Zaluski, banquier d'affaires chez Mizuho
Si certains sont banquiers de père en fils, c'est en boursicotant lorsqu'il était étudiant qu'Alexandre Zaluski lui, prend goût à la finance, au moment de l'envolée des marchés boursiers pré-bulle internet. Après avoir investi dans des sociétés technologiques deux mois avant le krach, il perd une bonne partie de ce qu'il avait placé en Bourse. Bien loin de se décourager, le jeune homme, réalise que la connaissance et le feeling des marchés n'est pas chose facile, et décide de "creuser". Il opte donc pour la spécialisation finances au sein de l’ESC Rouen (NEOMA Business School), avec comme objectif de travailler en Fusac. "Aujourd'hui beaucoup d’étudiants souhaitent entrer dans la tech à leur sortie d'école de commerce. A mon époque, les grands noms de la banque d’affaires étaient parmi les employeurs les plus recherchés par les jeunes diplômés", raconte le financier.
C'est un stage d'été chez UBS à Londres qui orientera tout le reste de sa carrière : à la fin de ses études, il postule dans une dizaine de banques d'affaires et entre finalement chez UBS au sein du département Debt Capital Markets, où il restera six mois. Il part ensuite chez Bank of America comme banquier spécialisé dans l’hôtellerie et les loisirs pendant deux ans, à Londres après une formation à New York. Mais UBS le contacte de nouveau pour faire exactement le même travail au sein de leurs équipes : le jeune homme, qui a tout juste 24 ans sera analyste 2 puis analyste 3, selon le jargon très hiérarchique de l'institution financière. "L'investment banking est restée assez 'old school' avec un respect de la hiérarchie et un long processus pour gravir les échelons", explique l'intéressé.
Au bout de deux ans, UBS l'envoie au bureau de Los Angeles. S'il profite de son expérience aux Etats-Unis pour passer son brevet de pilote, lui qui a toujours rêvé d'en être un, il revient finalement rapidement à Londres, après que la crise financière de 2008 a fortement impacté le volume d'activité du bureau américain. Celui qui a enchaîné les postes dans la finance depuis sa sortie d'étude décide alors de prendre un peu de temps pour voyager. Et passe près d'une année à sillonner l'Amérique latine et l'Asie, en 2009 donc au moment où il vaut mieux être sur les routes que dans la finance !
La finance et UBS le rattrapent pourtant une fois encore : la banque le contacte pour rejoindre l'équipe ECM pour couvrir la France et le Benelux. En cinq ans, Alexandre Zaluski parvient à doper l'activité ECM de l'établissement, et réalise plus de 40 transactions sur la région. "L'ECM demande un réel travail d'équipe. On doit tout le temps être en lien avec les banquiers qui couvrent les sociétés et les fonds de private equity, ceux qui sont spécialistes des industries et des géographies, mais aussi avec la recherche et la vente action, les équipes juridiques et compliance", explique le banquier. Qui se souvient des nombreuses journées de roadshow, et des liens forts créés avec les CEO et CFO des entreprises introduites en Bourse. "L'IPO est capitale pour une entreprise et son équipe de direction, cela représente un moment charnière. Il est donc essentiel de réussir à créer un climat de confiance avec les dirigeants, et d’être honnête avec eux non seulement lorsque tout se passe bien, mais aussi pendant les moments plus difficiles", affirme encore le banquier.
Après cinq ans en ECM chez UBS, il est cette fois contacté par l'une des trois plus grosses banques japonaises, Mizuho, qui lui propose de créer une plate-forme ECM pour servir les clients EMEA. L'aspect entrepreneurial du poste lui plaît, et Alexandre Zaluski accepte donc ce nouveau challenge."J’ai été attiré par l’opportunité de monter de toute pièce une offre compétitive en tirant parti de nos atouts, dont notre force de frappe en Asie qui nous différencie des banques américaines et européennes". Depuis son embauche en avril 2016, le banquier a remporté pas moins de 14 mandats pour un montant de près de 40 milliards de dollars, dont la cession par Danone de 15% du capital du japonais Yakult, spécialiste des boissons lactées fermentée. Le banquier, marié à une Américaine depuis deux ans, dit ne jamais vraiment décrocher de son travail, même en vacances au fin fond du Congo ! "J'aime ce que je fais et c’est normal de rester disponible pour ses clients dans une industrie aussi compétitive que la banque d’affaires", conclut Alexandre Zaluski.
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