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Fusions, Acquisitions / Avocat d'affaires / Coralie Oger / Scotto Partners / EY / Orange / Sagemcom / Citya / Fusions & Acquisitions

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Avocat d'affaires / Coralie Oger / Scotto Partners / EY / Orange / Sagemcom / Citya / Fusions & Acquisitions

exclusif Coralie Oger, l’avocate qui ne voulait pas sacrifier sa vie de maman / Une experte des fusions et acquisitions d'envergure sans nounou

EXCLUSIF. Si être une femme avocate peut parfois encore sembler difficile, l’associée au cabinet Scotto Partners démontre par son parcours que le travail finit toujours par payer. Une carrière jalonnée de très beaux deals, comme dernièrement le projet d’acquisition d’Adameo par EY Consulting, et qui ne l’ont pas empêché d’accorder du temps à ses enfants.
Coralie Oger, associée chez Scotto Partners (DR)
Coralie Oger, associée chez Scotto Partners (DR)

Coralie Oger, avocate au cabinet Scotto Partners est la preuve que l’on peut être une femme, mener une vie de maman et être associée d’un cabinet parisien. Et pourtant, celle qui vient de s’illustrer sur le projet d’acquisition d’Adameo, cabinet de conseil spécialisé en supply chain, aux côtés de son fondateur Bruno Coste, par EY Consulting, a souvent dû savoir rebondir.

Alors qu’elle était avocate chez Latham & Watkins depuis sept ans - elle y était entrée en 2001-, son retour de congé maternité en pleine chute de la banque Lehman Brothers, tombe mal. "Il faut savoir que dans cette firme américaine, les avocats étaient généralement promus associés au bout de sept-huit ans. Mon premier entretien pour l’association était prévu pour juillet 2009, mais la crise financière a quelque peu chamboulé ce plan ", explique à WanSquare l’avocate de 45 ans qui a pourtant adoré travailler au sein de ce cabinet.

 

La petite Frenchie 

 

Arrivée en effet comme juriste chez Latham & Watkins et fraîchement diplômée d’HEC, elle n’aura eu de cesse de prouver sa valeur et notamment pendant un an dans la petite filiale du cabinet à Orange County, aux Etats-Unis. "Je suis partie en mai 2004 dans ce bureau proche de Los Angeles qui est un fief républicain dans une Californie démocrate, à une époque où la France et les Etats-Unis avaient des opinions divergentes concernant la guerre en Irak. Ce fut à la fois un dépaysement culturel et professionnel mais aussi une expérience particulièrement formatrice. J’ai accepté tous les dossiers qui se présentaient à moi pour prouver que j’étais capable de faire ma place ", se souvient Coralie Oger.

Elle travaille alors entre autres sur la fusion des casinos Harrah’s et Caesars à Las Vegas, un deal à 3 milliards de dollars pour la jeune avocate de l’époque. Sans compter le rachat d’Infonet par Bristish Telecom pour 965 millions de dollars. "A mon retour à Paris, j’avais également collaboré à de nombreux deals transversaux en France, tel que l’acquisition par Eaton de la branche des petits onduleurs, qui était détenue par Schneider Electric et qui a impliqué la coordination de 35 correspondants dans le monde ", ajoute-t-elle. Au final, avec la crise financière, le cabinet se séparera de 30 % de ses actifs et notamment aux Etats-Unis.

 

Les bouchées doubles 

 

Elle décide alors de rejoindre le cabinet FTPA en 2009. "J’avais déjà effectué un beau parcours chez Latham & Watkins et j’ai souhaité poursuivre ma carrière dans un cabinet où mon expérience anglo-saxonne pourrait être utile", relate Coralie Oger. Et là, malgré une nouvelle maternité, son talent est récompensé. "Je suis passée associée en 2012 et quand je suis rentrée de mon congé maternité, j’ai mis les bouchées doubles", se souvient-elle.

Durant ses 12 ans chez FTPA, beaucoup de dossiers la marqueront à l’instar de la reprise des réseaux Urbania-Adyal par IPE, les cessions de tous les actifs de l’équipementier télécom Nortel, telles que celle de l’activité sans fil à Nokia Siemens Networks pour 650 millions de dollars américains, celle des divisions solutions entreprises de Nortel (Nortel Enterprise Solutions) pour 900 millions de dollars américains, ou encore celle de PeopleDoc (pépite française spécialisée dans la gestion comptable et RH) à Ultimate Software pour 300 millions de dollars. "J’ai aussi accompagné le groupe Weave, cabinet de conseil en stratégie, dans leur LBO avant de le vendre à OnePoint en 2018 pour 120 millions d’euros", ajoute-t-elle.

 

Faire du corporate

 

Elle décidera pourtant de quitter le cabinet pour Scotto Partners en 2021. "Je me suis dit que ce serait intéressant que je revienne dans un cabinet très corporate ", confie-t-elle. Elle s’y épanouit pleinement depuis. "Je n’avais jamais travaillé dans un cabinet d’avocats d’une taille similaire à celle de Scotto Partners. Par ailleurs, au cabinet, tout le monde a la même pratique, mes confrères et moi parlons tous le même langage M & A", constate Coralie Oger, qui a pourtant elle aussi longtemps cherché sa spécialité. "Je voulais comprendre la diversité de ce métier. J’ai donc étudié toutes les branches du droit. Lorsque j’étais à l’école d’avocat, j’ai fait un stage à la prison des femmes de Versailles, un stage auprès du juge pour enfants et auprès de la Cour Pénale Internationale de La Haye. Je suivais une permanence pénale par mois et une permanence de droit des étrangers. J’ai également fait un stage à la mission économique de Santiago du Chili à la suite de mon DESS de droit international des affaires. Chez Gide j’ai fait un stage en droit public des affaires", détaille celle qui a aussi beaucoup hésité à se lancer dans une carrière littéraire et qui affectionne particulièrement la lecture de Mauriac, Malraux et Zola. "Plus jeune je voulais un peu défendre la veuve et l’orphelin ", sourit-elle.

Le droit des affaires finira de la convaincre et elle ne regrette rien. Elle accompagne aujourd’hui les groupes Orange, Sagemcom, Citya pour qui elle a participé en 2021 à l’acquisition auprès de Nexity de Century 21 et vient de racheter Gestrium Belgium. " Et tout ça sans une armée de nounous pour élever mes filles à ma place ", souligne-t-elle.

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