Fusions, Acquisitions / King & Spalding / Laurent Bensaid / Avocat d'affaires / Cabinet d'avocats / Deal / M&A / transactions financières / Fusions & Acquisitions
Fusions, Acquisitions
King & Spalding / Laurent Bensaid / Avocat d'affaires / Cabinet d'avocats / Deal / M&A / transactions financières / Fusions & Acquisitions
Laurent Bensaid, fier défenseur des atouts de la France chez King & Spalding /
Le rêve américain à Paris
Laurent Bensaid aurait très bien pu faire carrière aux Etats-Unis. Amoureux de la France, il a décidé de rester dans son pays tout en devenant associé du cabinet King & Spalding. Le compromis parfait pour l’avocat de 47 ans. "Je suis très fier de représenter les intérêts de nos clients au sein d’un cabinet américain de renom tel que King & Spalding. J’ai notamment à cœur de mettre en valeur l’attractivité et la sophistication du marché français auprès d’une clientèle internationale (notamment américaine). Nous sommes très souvent interrogés par des clients étrangers sur la complexité du système juridique français, notamment en matière fiscale et sociale, alors que nos réglementations ont beaucoup évolué dans un sens favorable à l’entrepreneuriat et aux investissements, et ont parfois été simplifiées", affirme Laurent Bensaid à WanSquare.
Ecrire une page blanche
En effet, si King & Spalding est une firme très puissante et connue aux Etats-Unis (originaire d’Atlanta), elle s’est surtout fortement développée sur le marché américain, et a recruté des associés de renoms, notamment à New York et à Washington où l’on a pu compter parmi les avocats du bureau l’actuel patron du FBI, Christopher A. Wray. L’ancienne directrice de la CIA, Gina Haspel ou encore l’ex-numéro deux du département de la Justice sous Barack Obama, Rod J. Rosenstein y travaillent toujours. Le cabinet a initié son processus d’internationalisation plus récemment que d’autres firmes américaines comparables. "Le développement du cabinet hors des Etats-Unis fut mené de manière très méthodique et intelligente. Lorsque nos associés américains ont décidé d’installer un bureau à Paris, ils n’ont pas choisi d’exporter leur modèle sans chercher à l’adapter : ils ont voulu recruter des compétences locales qui connaissaient parfaitement l’écosystème financier français, ses valeurs, ses pratiques et sa culture " explique-t-il.
C’est ainsi qu’en 2018, Laurent Bensaid rejoint King & Spadling pour y créer, avec une équipe de cinq collaborateurs, la pratique corporate, private equity et M&A à Paris. "Nous avions une page blanche à écrire, l’idée était d’installer la marque King & Spalding en France. C’était un formidable challenge. Et de 5 avocats lorsque nous avons démarré, nous sommes passés à une vingtaine d’avocats dédiés à l’activité transactionnelle aujourd’hui ! ", constate-t-il.
50-50
A la tête de l’activité transactionnelle, il s’est illustré, entre autres, l’année dernière, sur de multiples opérations effectuées pour le compte de fonds d’investissement tels qu’EMZ ou Montefiore. "Je travaille sur deux catégories d’opérations : 50 % de mon temps est consacré au développement des entreprises ou grands groupes via par exemple leur introduction en Bourse, leur appel au marché, leur croissance externe puis éventuellement leur rachat par d’autres sociétés. Et 50% de mon activité consiste à représenter des fonds d’investissement dans le cadre de leurs investissements majoritaires ou minoritaires au sein de sociétés cotées ou non cotées ", détaille Laurent Bensaid. Actuellement, il conseille aussi le fonds L Catterton (L pour LVMH) sur le projet d’acquisition de la marque de vêtements française A.P.C., dans le cadre d’un LBO (Leverage Buy Out) majoritaire.
Un secteur du prêt-à-porter qu’il connaît bien pour avoir déjà été à la manœuvre de la vente de SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot) à Shandong Ruyi Group lorsqu’il était associé chez Hoche Avocats qu’il a intégré en 2009. Au sein du cabinet français, son spectre d’intervention est large : il travaillera par exemple à l’entrée au capital de CVC chez Delachaux, sur des cessions pour le groupe Derichebourg, des acquisitions pour d’Orange… Hoche Avocats sera, au sein de son parcours professionnel, une expérience entrepreneuriale qu’il décrit comme formatrice, qui lui permettra, en tant que jeune associé, de développer une pratique private equity sophistiquée pour le compte de clients exigeants.
Columbia, le rêve de gosse
Si cet amateur de boxe avait vraiment voulu tenter l’aventure aux Etats-Unis, c’est pourtant la firme Sullivan & Cromwell qui lui en a, un jour, offert la possibilité. En effet, après des études de droit à l’université Panthéon-Assas, couplées à des études de finance, et la certification d’avocat en poche, il fait un premier stage en 1999 au sein du cabinet Willkie Farr & Gallagher à Paris. "Un cabinet américain est une bonne école de formation. Il y a une trentaine d’années, ces firmes étaient vraiment à la pointe des opérations financières d’envergure. Ce sont elles qui ont favorisé le développement des opérations de capital investissement, des LBO et des OPA (offre publique d’achat, ndlr) sur les sociétés cotées en France ", souligne Laurent Bensaid. De stagiaire, il passera collaborateur. " C’est là que j’ai commencé à faire du droit boursier ", relate-t-il.
Mais c’était sans compter sur un vieux rêve d’enfant : intégrer la prestigieuse université de Columbia de New York. "Je voulais absolument faire une année d’étude complémentaire aux Etats-Unis mais je n’avais pas les moyens de me l’offrir. J’ai donc économisé pendant quatre ans et demi chez Willkie Far et j’ai fini par postuler à Columbia ", confie l’avocat. Sur le campus de l’Université new-yorkaise, il apprend alors le droit américain et une méthode d’enseignement bien différente de celle dispensée en France. "L’apprentissage y est ‘socratique’. L’étudiant doit d’abord avoir lu ses cours avant que le professeur ne l’interroge sur ce qu’il a compris alors qu’en France, le cours est dicté ", observe-t-il.
Indispensable à Paris
Diplômé en 2004 de Columbia, il est débauché par le cabinet Sullivan & Cromwell et intègre ensuite pendant quelques mois son bureau de New York. "J’ai accepté leur proposition car c’était un cabinet très implanté à Wall Street. J’y ai travaillé quelques mois sur des opérations pour des banques américaines, puis je suis rentré à Paris assez vite pour aider les équipes en France sur un certain nombre de dossiers M&A pour le compte du groupe Orange", raconte Laurent Bensaid.
Il restera au total cinq ans au sein de la firme. Et parmi les dossiers qui l’auront le plus marqué, il retient l’introduction en Bourse d’EDF en 2005. "J’y avais consacré énormément d’énergie, cette opération nous a demandé beaucoup d’effort et aujourd’hui, avec le retrait de la cote décidée par le gouvernement, c’est tout le chemin inverse qui vient d’être fait ", constate non sans ironie l’associé.
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