Macro-économie / Taux / AMF / neo-brokers / investisseurs / transactions financières
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AMF / neo-brokers / investisseurs / transactions financières
La finance attire, les neo-brokers aussi
La finance séduit toujours plus. Entre le troisième trimestre 2018 et celui de 2021, le nombre d’investisseurs actifs par trimestre est passé d’un million à 2,5 millions, d’après une étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Cet engouement s’explique par deux événements. Tout d’abord, l’introduction en Bourse de la Française des Jeux au quatrième trimestre 2019 a attiré beaucoup de nouveaux investisseurs, exclusivement après des banques classiques et des banques en ligne. Ensuite, la chute des indices du CAC40 a été un point d’entrée pour nombre d'entre eux. En effet, 4 milliards d’euros sont arrivés en provenance de particuliers, qui ont ensuite profité de la remontée des marchés en novembre 2020, lors de l’annonce de l’efficacité du vaccin contre le Covid-19. À ce moment, deux milliards d’euros qui ont été décaissés.
L’augmentation des investisseurs a profité aux trois catégories d’intermédiaires en finance, mais pas de manière proportionnelle. En effet, entre le troisième trimestre 2019 et celui de 2021, les clients des banques classiques sont passés de 712 600 à 1 200 000 (+68 %), ceux des banques en ligne de 214 600 à 520 500 (+142 %) et enfin ceux des neo-brokers de 68 000 à 409 400 (+502 %). Ces derniers sont des courtiers dits de "nouvelle génération" qui mettent avant tout l’accent sur l’exécution d’ordre à bas prix, voire gratuitement. Ils sont tous implantés hors de France et peuvent servir, dans le cadre de la libre prestation de services (passeport européen), des particuliers français. Bux, DeGrio, Toro, IG, Trade Republic figurent parmi les neo-brokers.
L’étude montre d’ailleurs que la part des transactions transitant par ces nouveaux types de courtiers s’est accrue, évoluant de 9,9 % au troisième trimestre 2018 à 21,8 % au troisième trimestre 2021. C’est donc par leur quasi-gratuité de leurs services que ces professionnels de la finance ont tiré leur épingle du jeu. Cependant, l’AMF déplore le fait que lorsqu’un investisseur particulier français a recours à des instruments financiers étrangers via un intermédiaire étranger, aucune transmission des informations concernant les transactions n’est effectuée de manière systématique et automatisée auprès de l’autorité. Ce qui empêche cette dernière d’accomplir pleinement son rôle de protection et d’éducation auprès de la population française qui investit.
Le profil type des clients des neo-brokers est plus jeune que la moyenne : 36,8 ans contre 49,8 ans. Il favorise des titres moins liquides en dehors des indices majeurs. Il effectue des transactions plus fréquemment, mais portant sur des sommes beaucoup plus faibles en moyenne : entre 2 651 et 2 689 euros pour les banques en ligne et les banques classiques contre 689 euros pour les néo-brokers. Il est également plus enclin, en général, à la négociation sur des instruments complexes, bien que cette proportion ait décliné dans le temps. Ce qui prouve que les courtiers de nouvelle génération réussissent aussi à conquérir une nouvelle clientèle s’orientant vers des produits simples.
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