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Private Equity / Private equity / LBO / Deal / IPO / europe

Private Equity
Private equity / LBO / Deal / IPO / europe

Le private equity, trop consanguin?

Le marché européen du private equity a baissé de 34 % en valeur au premier trimestre 2019, notamment en raison de la chute du nombre de méga deals. Mais c’est surtout la baisse drastique des sorties qui pose la question de la rotation des actifs.
Private equity gouffre
Private equity gouffre

La base de données PitchBook, la plus complète sur les sociétés de gestion, Limited Partners, deals et levées de fonds dans l’univers du non coté, a sorti son bilan de l’activité européenne au premier trimestre. Et les chiffres confirment un ralentissement notable du marché du private equity européen, après un exercice 2018 certes record. Les fonds ont bouclé 674 opérations pour un total de 65,3 milliards de dollars, soit une chute de 26,8 % et 34,3 % sur un an. Au-delà de la baisse du nombre de transactions, ce sont surtout les méga deals qui manquent à l’appel : seules trois opérations supérieures à un milliard de dollars ont été closées sur trois mois, soit un plus bas en trois ans. Plus inquiétant, PitchBook révèle que le nombre de prêts à effet de levier et d’obligations high yield a nettement chuté en fin d’année 2018, ce qui a incité les fonds à reporter leurs opérations. Sur fond de correction des marchés boursiers, seuls les projets de sorties de cote ont eu le vent en poupe, à l’image de la reprise du groupe de satellites Inmarsat pour trois milliards de dollars.

Par ailleurs, ce sont également les “bolt-on”, des opérations de croissance externe pour faire grandir des participations du private equity et leur faire atteindre la taille critique, qui ont été privilégiées et représentent pas moins de 55 % de l’ensemble du marché. “L’ascension durable des ‘bolt-on’ est la continuation d’une tendance qui a commencé il y a plus de dix ans. C’est aussi une raison pour laquelle les deals du private equity sont restés compétitifs par rapport aux stratégiques”, analyse PitchBook.

Au plan sectoriel, les logiciels ont été courtisés par le non coté puisqu’ils ont représenté 15,4 % des opérations au premier trimestre, près de trois fois le niveau de l’année 2014. Cela est dû à l’historique de performance du secteur, qui devrait se poursuivre dans la mesure où Gartner anticipe par exemple une hausse de 16,2 % du marché SaaS en 2019. Deux des plus gros deals de ce début d’année étaient d’ailleurs reliés à la tech : le rachat de la plateforme allemande de ventes automobiles Scout24 pour 5,7 milliards d’euros et celui du site d'e-voyage britannique Travelport pour 1,6 milliard de livres (1,8 milliard d’euros).

Enfin, les prix restent toujours au firmament : durant les quatre derniers trimestres, le multiple médian d’un LBO européen était de 11,5 fois l’Ebitda, le plus élevé de l’histoire selon PitchBook. Et certains deals ont été très généreusement valorisés, à l’instar de la reprise du leader italien de la distribution de boissons Celli par Ardian, à un multiple de 11,8 fois.

Ce sont en revanche les sorties qui se révèlent préoccupantes, même si un trimestre ne peut être révélateur d’une tendance de long terme. Au premier trimestre, 139 sorties ont représenté un total de 29,2 milliards d’euros, soit une baisse de 50,1 % et 52,7 % en valeur et volume. Seul l’espagnol Morna, a été une transaction significative, où Bridgepoint l’a revendu à un autre de ses fonds pour 2,5 milliards d’euros, afin de garder une participation en pleine croissance. Les opérations secondaires sont de plus en plus prépondérantes, dans la mesure où les corporates sont moins enclins à racheter des LBO et aucune IPO du private equity n’a été recensée en début d’année. Mais après un début d’année difficile sur les marchés, PitchBook se veut rassurant sur le reste de 2019, avec plusieurs importants projets dans les tuyaux, comme le russe Sibur ou encore le londonien Global Switch.

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