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GAFA : la fin des méga deals ?
Alors qu’Alphabet, la maison mère de Google, a connu sa pire séance boursière depuis plusieurs mois, ce lundi, le groupe a fait contre mauvaise fortune bon cœur en annonçant hier l’acquisition de Looker, un spécialiste de l’analyse de données, pour 2,6 milliards de dollars, soit la quatrième plus grosse acquisition de son histoire. Une emplette dans le secteur du cloud qui était attendue de longue date par les investisseurs, tant le groupe dirigé par Sundar Pichaï s’est fait devancer depuis plusieurs années par ses concurrents sur ses services Google Cloud, un segment très porteur. Mais les deux sociétés ont tenu à confirmer que les clients de Looker ayant leurs bases de données chez un concurrent de Google pourraient les garder.
Ces précisions montrent à quel point les GAFA redoutent les sanctions des régulateurs, qui travaillent à une législation plus étroite de ces mastodontes aux pouvoirs immenses. Le Département de la Justice et la FTC (Federal Trade Commission) ont lancé des investigations pour établir si les quatre groupes ont profité de leur position dominante pour avantager leurs produits, mais aussi si leurs M&A ont eu pour effet de leur conférer cette place de monopole sur leur secteur, par exemple avec les rachats de Whatsapp et Instagram dans le cas de Facebook.
Les intéressés ont décidé de mettre les moyens pour se défendre. Selon le Center for Responsive Politics, les GAFA ont dépensé 55 millions de dollars en lobbying l’an passé pour faire valoir leurs intérêts, deux fois plus qu’en 2016, et 75 % de leurs lobbyistes ont déjà travaillé pour le gouvernement ou une campagne politique dans le passé. Des dépenses nécessaires dans la mesure où plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont appelé à une régulation plus stricte du secteur, voire même la scission de ces grands groupes dans le cas d’Elizabeth Warren.
Mais l’impact à court terme pourrait aussi affecter leur capacité à boucler des méga deals, qui ont porté la croissance de leurs revenus depuis de nombreuses années. Les chiffres en témoignent déjà : l’an passé, les GAFA avaient annoncé 30 milliards de dollars de M&A, mais alors que le premier semestre est quasiment achevé, seul 1 milliard de dollars de deals ont été bouclés cette année. Selon les experts, les plus grosses transactions seraient les plus menacées, à l’instar de celles menées depuis 2014 : le rachat de Whatsapp par Facebook pour 22 milliards de dollars en 2014, celui de LinkedIn par Microsoft en 2016 ou encore Toshiba Memory par Apple pour 18 milliards en 2018.
Si au plan juridique les opérations ne sont pas vraiment contestables dans la plupart des cas, l’opposition risque d’être politique, surtout dans la dernière ligne droite avant l’élection présidentielle de 2020. "Les grandes tech ne sont pas en odeur de sainteté en ce moment, et si elles veulent vraiment faire de gros deals, elles devraient se préparer à ce qu’ils créent beaucoup de rejets", conclut Larry Diwnes, du Center for Business and Public Policy de Georgetown pour CNBC.
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