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M&A : l’assèchement sans précédent du nombre de deals
Contrairement à l’année dernière, où la réforme fiscale américaine avait propulsé les données du marché mondial des M&A, le premier trimestre du millésime 2019 n’a pas brillé par son dynamisme. Selon les données préliminaires fournies par Dealogic à Wansquare, les fusions-acquisitions mondiales sont en léger retrait de 6 % sur un an, à 891,9 milliards d’euros. Mais l’effondrement du nombre de deals est notable : seulement 7.375 opérations recensées sur trois mois, soit le niveau le plus bas depuis 2005 ! Les données mondiales sont en réalité "sauvées" par quelques transactions hors normes, comme le rachat de Celgene par Bristol-Myers Squibb pour 74 milliards de dollars dans la santé, l’acquisition du groupe de paiement Worldpay par Fidelity National Information Services pour 43 milliards de dollars ou encore, tout récemment, l’offre à 69,1 milliards de dollars de Saudi Aramco sur Sabic.
"Nous sommes très contents en termes de grosses opérations mais nous avons besoin de plus de deals en général", résume bien Anu Aiyengar, patron du M&A Amérique du Nord chez JP Morgan Chase dans le FT. Le marché américain a certes bondi de 23 % sur un an en valeur à 471,7 milliards d’euros selon Dealogic, mais cela s’est fait en dépit d’un essoufflement de 15 % du nombre d’opérations. En Europe, qui n’a de son côté pas bénéficié de ce florilège de méga deals, le tableau est bien plus sombre : le marché M&A est en recul de 56 % à 131 milliards de dollars, selon Dealogic. Une incertitude majeure bien sûr : le Brexit, qui a incité les sociétés à la prudence et à des deals de plus petite envergure dans le Vieux Continent. Pour preuve, l’opération est en moyenne tombée sous la barre des 5 milliards d’euros. En France, le marché est resté stable sur un an en valeur, à 15 milliards d’euros mais le nombre de transactions a ici aussi décliné de près de 15 %.
Outre l’assèchement des plus petites opérations, un autre signal d’inquiétude vient aussi du ralentissement marqué des deals transfrontaliers, qui ont chuté de près de 50 %, les acheteurs ayant favorisé des M&A domestiques. L’exemple le plus marquant en Europe est bien sûr celui de la fusion en préparation entre les banques allemandes Deutsche Bank et Commerzbank, afin de créer un leader bancaire en Europe. "La perspective macro est trouble. La raison principale pour laquelle les gens attendent est le ralentissement de la croissance mondiale", selon Wilhelm Schulz, chairman du M&A en zone EMEA chez Citigroup.
Enfin, l’avenir de la Chine – et de ses relations commerciales avec les US - est bien sûr un facteur d’incertitude, où les opérations ont chuté de 57 % au premier trimestre. La question qui brûle les lèvres des acteurs de marché est donc celle de savoir quelle sera l’ampleur et la durée de la prochaine récession et, en attendant d’avoir cette réponse, l’attentisme domine, ou à défaut, le recours à des opérations défensives et contra-cycliques.
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