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Berkshire Hathaway / Warren Buffett / Deal
Warren Buffett : aucun éléphant en vue sur le marché
Warren Buffett est réputé pour sa générosité altruiste, lui qui a encore reversé plus de 17 millions d’actions de sa firme Berkshire Hathaway à des organismes caritatifs en début de semaine, pour un montant de 3,4 milliards de dollars. Ce qui porte à environ 31 milliards de dollars les sommes qu’il a déjà engagées au profit de ces associations et le place parmi les plus généreux mécènes de la planète, aux côtés de Bill Gates par exemple.
Aujourd’hui, l’oracle d’Omaha a aussi décidé de contenter ses actionnaires, lui qui a longtemps été réticent à augmenter le montant de distribution de Berkshire Hathaway. En accord avec le cofondateur Charlie Munger – les deux dirigeants ont respectivement 87 et 94 printemps – ils ont décidé de changer la règle de la société, selon laquelle elle n’avait pas le droit de procéder à des rachats d’actions si le titre était supérieur à 1,2 fois sa valeur comptable. Désormais, le duo pourra décider de ces rachats de titres dès le mois d’août s’ils jugent que le cours est inférieur à la « valeur intrinsèque » de la firme selon eux, un niveau qu’ils établiront de manière « conservatrice », ont-ils promis.
Cette annonce est une étape importante pour Berkshire Hathaway, qui n’a réalisé aucun programme de rachats de titres depuis plus de cinq ans. Surtout, la valeur comptable du groupe basé à Omaha a largement grimpé depuis le passage de la réforme fiscale en fin d’année dernière, qui a mécaniquement réduit la valeur de ses provisions fiscales sans que cela n’ait d’effet sur la valeur intrinsèque de la société. En outre, sur fond de rebond de la croissance américaine et d’une situation de plein-emploi, le titre a progressé de 27% entre juillet 2017 et février dernier avant de refluer, si bien qu’il se situait hier à 1,4 fois sa valeur comptable, bloquant tout processus de distribution.
Surtout, Warren Buffett fait ici l’aveu de son incapacité à utiliser son immense manne de cash, qui a atteint la somme astronomique de 106 milliards de dollars. Ce dernier a toujours affirmé sa volonté d’utiliser son cash pour signer des deals « éléphant », à savoir de très grande taille, plutôt que de récompenser ses porteurs de parts. Mais dans un contexte où les valorisations touchent des plus hauts de l’après-crise en Bourse, les cibles ne sont pas légion et Berkshire Hathaway n’a fait aucun méga deal depuis début 2016, lorsqu’il a racheté le sous-traitant aéronautique Precision Castparts pour 32 milliards de dollars. A la place, il a misé plus de 40 milliards de dollars pour prendre pied au sein de la plus grande capitalisation US, Apple, participant au grand rallye des valeurs tech depuis le début de l’année.
Warren Buffett a certes été peu chanceux lors de ses dernières conquêtes : il a été doublé par un activiste sur le dossier Oncor, l’ex-filiale de distribution électrique de TXU – qui a lui-même été le plus gros LBO de l’histoire tombé en banqueroute – cette année, et n’a pas réussi à fusionner Kraft-Heinz avec Unilever l’an passé. Mais lorsque l’oracle d’Omaha ne voit aucune opportunité au bon prix, cela représente un signal d’alarme à lui seul sur les valorisations actuelles du marché.
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